Il faut en finir avec la violence à l’école !

Pas un jour sans que des violences aient lieu aux abords ou à l’intérieur d’établissements scolaires. Lundi, un collégien de treize ans a assené trois coups de poing à la principale, qui a dû se rendre à l’hôpital pour des points de suture. L’élève a été mis en garde à vue.

Mardi, c’est cinquante-cinq jeunes, dont cinquante-quatre mineurs, qui ont été interpellés après de graves incidents au lycée Suger, en Seine-Saint-Denis. Des fumigènes ont été lancés dans l’enceinte de l’établissement. Le proviseur l’a fait évacuer : quelques dizaines de lycéens ont alors pris le chemin du centre-ville, caillassant des policiers, incendiant des poubelles et détruisant du mobilier urbain.

Le ministre de l’Éducation nationale a, bien sûr, condamné ces actes, déclarant dans un communiqué que “la violence, la casse, les dégradations sont inacceptables : l’État restera ferme face à ces situations, comme l’ont montré les interpellations de ce jour”. Sur BFM TV, il a estimé que “ce sont des actes gravissimes, menés par un certain nombre de casseurs qu’il faudra sanctionner fermement”. Des casseurs ou des élèves ? Des élèves casseurs, sans doute : l’enquête le dira.

Finalement, huit mineurs vont être présentés à un juge pour enfants. Au pire, ils écoperont de quelques heures de travaux d’intérêt général. Et si jamais la peine est trop lourde, on peut parier que des jeunes descendront à nouveau dans la rue pour condamner les “violences policières”.

Ce que la presse a moins relevé, dans cette affaire, c’est que des parents, prenant le parti de leurs enfants, ont dénoncé les conditions de ces arrestations : ils n’y sont pour rien, ils se trouvaient dans la rue parce que le proviseur a fait évacuer le lycée. D’ici que le proviseur se fasse sanctionner ! Selon certains témoignages, on a entendu des slogans du type “Vengeance pour Théo !” : raison de plus pour être indulgent avec ces mineurs !

Certes, le quartier où se sont produits ces incidents est l’un des plus pauvres de la banlieue. Mais va-t-on excuser des violences inadmissibles par les conditions sociales, le chômage, voire un sentiment, entretenu par le pouvoir, de victimisation ? 

Le SNPDEN-UNSA, premier syndicat des chefs d’établissement, s’alarme du caractère chronique et de l’escalade de ces actes de violence. Les personnels demandent davantage de moyens humains. Valérie Pécresse rappelle que la région a investi “près de 15 millions d’euros” pour la sécurisation des lycées et demande au ministre de l’Intérieur de “protéger les abords des lycées franciliens”.

Ces mesures sont sans doute nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. Tout comme un enseignant trop indulgent, qui se laisse dépasser par sa classe, ne peut plus rétablir la moindre discipline, la violence à l’école, à force de laxisme, fait maintenant partie de l’ordinaire. Des dispositions matérielles – ira-t-on jusqu’à équiper les professeurs de caméras ? – permettront, dans certains cas, de la retarder : elles ne l’empêcheront pas d’éclater à la moindre occasion.

C’est toute la politique éducative dans ces établissements qui doit être révisée. Il est scandaleux qu’une minorité empêche la majorité de travailler dans de bonnes conditions et en sécurité. Il faut s’intéresser aux victimes avant de s’apitoyer sur les fauteurs de troubles et placer les plus récalcitrants dans des structures spécialisées.

Il faut sauver ceux qui peuvent l’être et chercher à éduquer les autres, en renonçant au laxisme et à la culture systématique de l’excuse.

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