Drapés de leurs élégantes doudounes, les joyeux de l’ nationale se sont déplacés en masse au Palais de l’, la soirée du 13 avril. Sur leurs talons, les successeurs : de jeunes demoiselles dont l’aigreur a déjà fané les traits. Ce n’est pas tant pour la gratuité de l’hebdomadaire Marianne, distribué à l’entrée, que pour les invités qu’on vient dans cet antre du cosmopolitisme. , Laurence De Cock (professeur) et Benjamin Stora s’entretenant des fantasmes et des réalités de l’immigration à l’école. Voilà qui valait une sortie du marasme quotidien…

Natacha Polony dresse longuement le constat de la catastrophe scolaire : institution de la nation, l’école doit former le citoyen. « École, intégration, immigration » : tel est le « triptyque » salvateur. Posture scandalisée, œillades assassines pour sa rivale, Laurence De Cock attend, frémissante, de pouvoir répondre aux affabulations républicaines ; on ne peut construire l’école autour de l’idée de la nation ! Dressant le portrait de l’école à travers les âges, la chienne de garde aux abois glapit : « Tous les travaux historiques ont montré que les enseignants s’étaient adaptés pour appréhender leur public. » Proclamer les différences, laisser une place à la de chacun : voilà la solution pour une adaptation de tous les vassaux d’une France piteusement défendue. Le plaidoyer convient pour toutes les cultures, sauf celle, enracinée, de Charles VII ou Louis XI.

Car là où Polony déplorait l’oubli des grandes figures de l’ de France dans les programmes scolaires, son alter ego abonde vers le contraire : « Je n’ai pas connu Charles VII avant mes 21 ans, ça n’est pas pour autant que j’ai raté mes études. Il faut abandonner cette vision scolaire [faisant la promotion] des grands hommes… plus qu’à des grandes femmes paradoxalement », grince-t-elle. La rhétorique, aussi vieillie que son plaidoyer, fait exulter un public acquis dès les premiers instants. On applaudit tant de simplicité cocasse. Une enseignante dans le public va jusqu’à lancer : “Henri VII (sic), tout ça, moi je ne comprends pas…»

Conférence attendue, dialectique rouillée : tout est bon à défendre… tant que ça n’est pas du ressort de l’Histoire de France. “Si nous restons sur une histoire autocentrée, nous n’y arriverons pas… Cela ouvre un carrefour pour les mouvements d’intégrisme religieux », soupire, lourdement avachi dans son fauteuil, Benjamin Stora. La solution proposée ? Intégrer l’histoire de l’Afrique du Nord dans les programmes, inscrire le nom de Mohammed dans les problèmes de maths… Eurêka ! Et lorsque Natacha Polony s’annonce sceptique – « Je ne crois pas qu’inscrire le nom de Mohammed changerait grand-chose » -, c’est toute la salle qui chante en chœur, “Si ! Si !” Parmi ces groupies de l’universalisme, l’unité ethnique du public laisse songeur : car ce soir, au Palais de l’Immigration, les « Mohammed » n’étaient certes pas les plus nombreux.

18 avril 2016

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