Editoriaux - Justice - 18 juillet 2015

Explosion des actes islamophobes en France

Depuis les attentats de janvier et la menace terroriste islamique classée maximale par les autorités, corps de police et armée sont sur les dents, les Français sont sur les nerfs et, à l’Observatoire national contre l’islamophobie et au CRIF, on se montre très inquiets.

À l’ONCI, parce que les actes islamophobes ont augmenté de 281 % au premier semestre 2015 par rapport à la même période, en 2014. Des actes se traduisant par des “attentats”, des “violences”, des “incendies”, mais aussi par des “menaces” telles que des “propos”, des “gestes” et des “écrits”. 274 actes islamophobes répertoriés grâce aux dépôts de plaintes et de mains courantes. De quels gestes, de quels propos s’agit-il, qui justifient leur judiciarisation ?

C’est Le Parisien – suite à un lancer de lardons devant une mosquée – qui nous renseigne sur ces questions en ayant publié, le 26 janvier, une carte interactive recensant, par degré de gravité et divisé en sept rubriques, les 90 actions et menaces à l’encontre de la communauté musulmane, depuis le 7 janvier. Quelques exemples.

Par “intimidations”, le journal entend des “appels téléphoniques malveillants et menaçants adressés à une mosquée” – l’individu, on est heureux de l’apprendre, a été interpellé ; intimidation, aussi, le “dépôt d’une enveloppe contenant de la poudre blanche dans la boîte d’une mosquée”. De la cocaïne ? Ou encore le dépôt de tête et oreille de cochon devant l’une d’elle, acte qualifié “d’atteinte à l’intégrité psychique aux membres de la communauté musulmane”, contre lequel il avait été requis à l’encontre de leurs auteurs 80 à 100 heures de travail d’intérêt général.

Stupéfiant : taguer “I am Charly” sur le mur d’une mosquée est inscrit dans la rubrique… “vandalisme” !

Un individu interpellé parce qu’il menaçait de brûler des mosquées sera classé dans la rubrique “incendie”, tandis que dans celle intitulée “dégradations par arme”, on lit “tirs au fusil après 8 h contre un tabac et une mosquée. Aucun blessé”.

Enfin, le plus grave sont les “attentats déjoués”, et l’arrestation d’« un homme soupçonné d’avoir menacé de détruire une salle de prières ».

La justice est débordée ? Quand elle s’acharne à traquer des lanceurs de lardons plutôt qu’à mettre hors d’état de nuire les délinquants, les multirécidivistes, les criminels endurcis, on devrait s’étonner qu’elle ne soit pas en mesure de prévenir une décapitation ?

Le CRIF, de son côté, dénonce l’augmentation préoccupante des actes antisémites. 508 – pour une communauté 20 fois moins importante que la communauté musulmane – entre janvier et mai 2015, soit une augmentation de 161 % par rapport à la même période, en 2013. Derniers exemples en date, en décembre, le viol à son domicile d’une jeune femme, à Créteil, et l’agression très violente d’une famille, chez elle, par trois individus armés probablement d’origine africaine, il y a quelques jours, au Blanc-Mesnil.

Mais sur la carte du Parisien relatant les actes islamophobes, pas de rubrique “viol” ni “séquestration”…

Islamophobie et antisémitisme mis sur le même plan, est-ce bien légitime ?

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