Discours - Editoriaux - Fiction - Politique - 20 septembre 2014

EXCLUSIF / SARKOZY : « J’AI REPONDU A MON APPEL »

Nous remercions l’ancien président de la République d’avoir bien voulu nous accorder une interview d’autant plus exclusive qu’elle est imaginaire.

Boulevard Voltaire :
Nicolas Sarkozy : Comment dites-vous ?
Boulevard Voltaire : Nicolas…
Nicolas Sarkozy : Ne perdons pas de temps, voulez-vous ? Appelez-moi simplement « Monsieur le Président »…
B.V. : Nous avions cru comprendre, comme tous les Français, lors de votre beau discours de la Mutualité, en mai 2012, que vous disiez adieu à la politique, du moins telle que vous l’aviez pratiquée jusqu’alors, et que l’on ne vous y prendrait pas, comme d’autres avant vous, à tenter de revenir sur le devant de la scène.
N.S. : Je vous défie de donner la preuve de ce que vous avancez. A supposer que votre mémoire ne vous trompe pas, ce revirement atteste, contrairement à certaines assertions, que je suis capable de changer…
B.V. : De changer d’avis. La politique vous manquait…
N.S. : La politique ne me manquait pas. Je suis un homme occupé. L’éducation de Giulia, les tournées de Carla, les quelques conférences qui me permettent de mettre un peu de beurre dans les épinards familiaux suffisent à mon bonheur. En revanche, il est clairement apparu que je manquais à la politique. Je n’ai pas cru pouvoir me dérober à l’appel…
B.V. : L’appel ? Quel appel ? Non seulement deux-tiers des Français ne croient pas que vous ayez changé, mais ils sont 55% qui estiment que votre retour dans la vie politique de notre pays n’est pas une bonne chose.
N.S. : L’appel dont je parle est celui du devoir. C’est le cri de ma conscience que j’ai entendu et que j’ai écouté. A mon âge et dans ma situation, le plus simple aurait été de continuer à mener une vie tranquille, bien organisée et rémunératrice qui me rendait pleinement heureux. Croyez-moi, je n’ai pas choisi la facilité.
B.V. : Pourtant, votre « famille politique », pour reprendre les termes que vous avez choisis, regorge de personnalités qui ont certainement l’ambition et peut-être la capacité de briguer cette première magistrature que vous avez occupée et dont le peuple ne vous a pas renouvelé le mandat ? L’heure n’est-elle pas venue de la relève des personnes, et des générations ?
N.S. : Franchement, si j’avais repéré un homme ou une femme plus digne que moi d’occuper une place où il y a plus de coups à recevoir que de plaisir à prendre, je peux vous dire, les yeux dans les yeux, que je me serais effacé devant ce personnage providentiel. J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé.
B.V. : Personne ?
N.S. : Personne
B.V. : Mais Juppé ?
N.S. : Trop vieux
B.V. : Et Fillon ?
N.S. : Trop lâche
B.V. : Bruno Le Maire ?
N.S. : Trop raide
B.V. : Xavier Bertrand ?
N.S. : Trop gros
B.V. : Laurent Wauquiez ?
N.S. : Trop grand
B.V. : Hervé Mariton ?
N.S. : Trop petit
B.V. : NKM ?
N.S. : Trop jeune
B.V. : Jean-François Copé ?
N.S. : Trop fourbe
B.V. : Jean-Pierre Raffarin ?
N.S. : Trop drôle !
B.V. : En somme, vous ne voyez que vous-même…
N.S. : Tous les matins, quand je me regarde dans la glace.

Propos recueillis par Dominique Jamet

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