“La est la première puissance politique en Europe”. Lorsque j’ai entendu cette phrase péremptoire de Marine Le Pen (et tant pis si je suis incapable de me souvenir de la référence, peut-être une conférence de presse, vous êtes obligés de me croire sur parole), j’ai pensé “rodomontade”…

D’autant quelle admettait dans le même commentaire que l’ en est la première puissance économique. Un simple souci d’équilibre ? Une tentative de rétablir artificiellement la balance ?

J’avoue que je n’ai pas compris sur l’instant à quoi elle faisait allusion, mais comme elle n’a pas l’habitude de s’exprimer pour ne rien dire, j’ ai pensé que c’est moi qui étais en défaut.

J’ai donc réfléchi à ce qu’était la politique dans son sens extensif, et n’ai pas trouvé dans mes élucubrations quoi que ce soit qui me donne la réponse.

Jusqu’au jour où… mais oui, bien sûr !

J’avais travaillé précédemment sur l’ des traités européens, dont le TCE (Traité sur le fonctionnement de l’), et je m’étais rendu compte que très peu de pays avaient soumis le texte à leur peuple par le moyen du référendum. La quasi-totalité a procédé par un vote de leur Parlement (ou assimilé), et nombre de ceux que leur Constitution obligeait de passer par le referendum ont reporté l’échéance sine die.

Seule une poignée de pays a procédé de cette manière :

– l’Espagne a dit oui, ainsi que le Luxembourg,
– l’, qui avait refusé dans un premier temps, a été menacée de mille morts, condamnée à revoter,
– la Hollande a dit non.
– au Danemark le referendum est suspendu, ainsi qu’au Portugal, en Pologne et au Royaume-Uni.

Et la France, me direz-vous ? On se souvient tous du “non” retentissant, alors que tous les donnaient le “oui” pour acquis. Ensuite, on a été blousés par 560 voyous de grand chemin qui ont voté “oui” en Congrès, alors que 167 s’abstenaient selon l’adage “qui ne dit mot consent” !

Que faut-il en conclure ? De manière isolée, franco-française, rien, puisque le traité a été ratifié par nos assemblées, et ce dans le plus grand déni de de notre histoire moderne.

Mais cette histoire ressemble à du billard à trois bandes, parce que l’originalité de notre constitution tient au fait que le président (ou la présidente) de la est élu au suffrage universel direct.

Dans ce cas le Congrès est inopérant, et c’est tant mieux. Le Président détient les clefs de l’exécutif.

Alors quand Marine Le Pen déclare que la France est la première puissance politique en Europe, c’est à ça qu’elle pense : le peuple français peut renverser la table en votant au suffrage universel direct pour un président souverainiste, et il est le seul en Europe à avoir ce pouvoir.

Mais il faut rester vigilants parce que le danger est immense pour les mondialistes. Ils l’ont bien compris puisque dernièrement un think tank américain, le Peterson Institute de Washington, suggérait dans un rapport publié le 29 octobre que la France abandonne son système présidentiel afin de mettre en place un système où le chef du gouvernement serait issu d’une majorité parlementaire. Hervé Morin, Jean-Pierre Chevènement et quelques autres abondent dans ce sens.

C’est le dernier souffle démocratique qui nous reste, ne les laissons pas nous en déposséder.

22 novembre 2014

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