Ça faisait belle lurette qu’on ne l’avait plus vu en couverture des hebdos. Tout juste bon pour la rubrique des faits divers suite à l’affaire du Carlton de Lille. Le dossier « Sofitel de New York » ayant été réglé par l’intéressé en monnaie sonnante et trébuchante et sa carrière politique étant, entre temps, passée de vie à trépas, on pouvait désormais espérer ne plus entendre parler de DSK, si ce n’est au hasard d’une conférence ou d’un colloque consacré à l’.

C’était sans compter ses conquêtes féminines… Patatras, l’ex-directeur du FMI refait malgré lui la une des suite à la parution de « Belle et bête », écrit par une chercheuse qui fut sa maîtresse de janvier à août 2012, et dans lequel elle raconte leur liaison avec force détails.

Outre le fait que, comme 99 % des Français, je me fiche royalement de connaître les positions préférées de DSK au lit ou ailleurs, les conditions dans lesquelles a été écrit ce livre posent question. En effet, l’auteur a négocié avec l’éditeur l’écriture de son livre durant sa liaison avec DSK. Bravo à l’auteur ! Et bravo à l’éditeur ! Vous avez dit « déontologie » ? Ceci explique peut-être pourquoi la a condamné solidairement l’auteur et l’éditeur à 50 000 euros de dommages et intérêts et à publier un encart expliquant la position (sans jeu de mots) de DSK sur chaque exemplaire de l’ouvrage. Dans le même temps, Le Nouvel Obs a été condamné, lui, à 25 000 € de dommages et intérêts pour s’être senti obligé d’en publier les « bonnes feuilles ».

L’éditeur de « Belle et bête » n’est autre que les éditions Stock, filiale de Hachette Livre dont la maison mère est le groupe Lagardère. Si on y regarde de plus près, parmi les autres maisons d’édition du même groupe se trouve Calmann-Lévy qui, il y a onze ans, n’avait rien trouvé de mieux que d’éditer « Avez-vous à le regretter ? », livre écrit par dont le fait de gloire aura été d’avoir assassiné un enfant de huit ans. Bien évidemment, avant de publier ce livre, cette maison d’édition avait pesé le pour et le contre sans se poser la moindre question sur le choc qui frapperait la du petit Philippe Bertrand, sa victime, en voyant l’assassin de leur fils parader dans les médias.

En onze ans, les mots « éthique » et « déontologie » n’ont toujours pas atteint les esprits chez Hachette Livre. Comme me le disait un célèbre journaliste, il y a quelques années : « Les éditeurs ne sont que des marchands de papier. » Il y a peu de raisons d’espérer que les choses changent, non ?

3 mars 2013

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