Editoriaux - International - Politique - 7 novembre 2016

États-Unis : dernière chance…

Fait unique, deux entreprises milliardaires, la Trump Organization et la Clinton Foundation, ont toutes deux fait une OPA sur un parti politique. Deux entreprises internationales, présentes sur tous les continents, qui prolongent ainsi leurs stratégies, l’une sensible aux dividendes de la paix, l’autre sans produit autre que la vente des influences, vivant de ses commanditaires internationaux.

Deux entreprises qui comprennent qu’il vaut mieux créer son propre marché plutôt que de grignoter celui des autres. Trump se crée ainsi un monopole médiatique sur 50 millions d’électeurs, espérant un effet d’entraînement. Clinton crée une machine dans laquelle clients et actionnaires sont les mêmes : les donateurs du monde entier. Espérant un effet de blocage…

Bataille entre l’argent clintonien et la métapolitique trumpienne, entre corruption et naïveté.

Il n’est plus question de proposer à l’électorat des variantes de la même politique, mais de choisir entre deux systèmes : le nationalisme souverainiste ou le globalisme mondialiste. Obama, embrayant sur les Bush père et fils, a procédé à un changement de régime larvé. Avant lui, l’Ordre mondial n’était que le masque de la puissance américaine. Avec lui, le peuple américain lui-même réalise qu’il est colonisé.

Un peuple qui avait démérité du pouvoir et qui doit donc être changé, comme au temps du communisme scientifique. Mieux encore : remplacé.

Les enjeux sont les mêmes qu’en Europe. Trump le leur rappelle : « C’est la dernière fois, après ce sera trop tard ! » Dernière chance avant d’atteindre le point de non-retour : « Ou bien on aura un pays, ou non ! »

Quatre-vingt-dix millions d’Américains sont chroniquement sans emploi, au point que les statistiques du chômage en ignorent maintenant cyniquement une partie. Une grande partie du territoire est devenu zone sinistrée. Le système de soins Obamacare, croyant déshabiller Pierre pour habiller Paul, a fini par déshabiller tout le monde : en moyenne, il faut dépenser 20.000 dollars par an (prime et franchise) avant de se faire rembourser de quoi que ce soit… en tout cas pour ceux qui travaillent et gagnent 50.000 dollars et plus. Une bombe à retardement politique et financière !

Dans quelques heures, nous saurons qui, du parti de l’étranger ou de « l’étranger du parti », aura gagné. Et qui, de madame Clinton ou de monsieur Trump, devra figurativement demander l’asile politique à l’Équateur…

Et puis nous saurons si James Dale Davidson, ancien conseil de Reagan et de Bill Clinton, voit juste lorsqu’il prévoit une crise économique majeure en 2017, avec 50 % de chute boursière, 40 % de dépréciation immobilière et 300 % de croissance du chômage (source : Rasmussen Reports, 8 novembre 2016). Davidson, qui avait prédit l’effondrement économique de l’Union soviétique, constaterait ainsi des similitudes…

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