Pour la deuxième fois depuis le départ précipité de Ben Ali, l’état d’urgence a été décrété en Tunisie, pour une durée de trente jours. Plusieurs responsables ont été limogés, dont le gouverneur de Sousse.

Ce n’est pas cette solution, pourtant indispensable, qui mettra fin aux attentats. Au mieux, les assassins attendront la fin des trente jours et, au pire, ils interviendront dès demain car il est impossible, et les services de de tous les pays en sont parfaitement conscients, qu’un soldat ou un policier soit placé derrière chaque touriste dans quelque pays que ce soit. Comme il est tout aussi impossible de surveiller constamment un ennemi souvent invisible, en sommeil, et ne se réveillant que pour tuer au nom d’Allah.

Le tueur de Sousse, qui a abattu 38 touristes à la kalachnikov, venait d’un camp d’entraînement en Libye et il était totalement inconnu des services de sécurité. Combien d’autres futurs tueurs ont pénétré, et pénètrent actuellement en Europe, selon la stratégie mise en place par l’État islamique ? Nous ne le saurons qu’en comptabilisant les morts.

L’État islamique nous a prévenus mais nous n’en tenons aucun compte. Nous reculons chaque jour la décision de mettre tous les moyens disponibles afin d’éradiquer, si faire se peut, Daech sur le terrain, que ce soit en Irak, en Syrie, en Libye, au Nigeria et partout où il menace, où il tue, qu’il s’agisse des musulmans ou des chrétiens, des Blancs ou des Noirs, des militaires ou des civils.

La Ligue des droits de l’homme, totalement dépassée à notre époque, craint bien entendu qu’une atteinte ne soit portée aux droits fondamentaux. Oubliant que le seul droit fondamental est de ne pas être assassiné sur une plage de quelque pays que ce soit. Il est curieux de l’entendre aujourd’hui sur la alors qu’elle est si silencieuse depuis des mois sur des sujets aussi brûlants que l’Afrique et le Moyen-Orient !

Le tourisme ne s’arrêtera pas en Tunisie, on ne peut que l’espérer, et d’ailleurs, les touristes continuent à arriver. Ils risquent autant leur vie qu’au Maroc, en Algérie, en Grèce, en Italie, en Espagne, en France et partout dans car, aujourd’hui, aucun pays n’est à l’abri d’un terrorisme difficilement identifiable et parfaitement incontrôlable.

Notre Premier ministre ne vient-il pas de nous avertir qu’il faudra nous habituer à vivre dans cette insécurité ?

5 juillet 2015

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