Chers lecteurs, s’il advient un jour que vous ne me trouvez plus dans ces pages, c’est sans doute que je serai en vacances, ou bien… que je me serai fait coffrer. Il est, en effet, des situations de notre république bananière que je supporte de moins en moins. Et je le fais savoir : je gueule.

Exemple : 16 h, sortie du métro Rambuteau, angle rue Rambuteau et rue Beaubourg. Une voiture de police barre le carrefour. Deux autres sont plus loin, en travers. On demande aux piétons « d’évacuer ». Trois grosses berlines noires sont garées devant le cinéma. Et que voit-on ? Monsieur qui sort du Centre Pompidou par la porte latérale, goguenard, entouré de dix gardes du corps, et remonte gentiment dans son carrosse. Alors je gueule : “C’est ça, le socialisme ? C’est pire que le Roi-Soleil !”

Exemple : 17 h, quai d’Austerlitz. Motards, sirènes hurlantes. On fait se pousser les voitures, on brûle les feux, fout la pagaille dans le carrefour et sur le pont qui mène gare de Lyon… Il faut ouvrir la voie au « convoi » qui transporte un ministricule (voire un gratte-papier de luxe ) qui vient de quitter ses bureaux à Bercy pour un pince-fesses dans les beaux quartiers.

Etc.

Ainsi va la France d’aujourd’hui, et si je vous parle de tous ces personnels de sécurité affectés à la « protection » des petits marquis de la République, de leurs maîtresses et de leurs chiens, c’est parce qu’un rapport rendu public mercredi sur “la présence et l’emploi des forces armées sur le territoire national” nous apprend de drôles de choses sur l’opération Sentinelle.

Les deux rapporteurs, le député Olivier Audibert-Troin (LR) et le député Christophe Léonard (PS), se sont ainsi livrés à une “comparaison approximative de coûts entre le recours aux militaires et le recours aux policiers pour assurer des missions de gardes statiques ou dynamiques”, comprenez “la surveillance des lieux à protéger”. Verdict : la police coûte 58,87 % plus cher que l’ pour une “garde permanente H24 J365”. Précisément : la même garde revient à 348.390 euros par an dans le cas d’un policier et à 219.295 euros pour un militaire.

Cela s’explique, nous dit-on, par le temps de travail imparti à chacun : quand le policier effectue 1.517 heures de présence par an, le militaire fait 2.374 heures. Et le premier est syndiqué, l’autre non, souligne le rapport…

Bref, “pour 7.000 personnels déployés en permanence, les de titre 2 s’élèveraient à 2,44 milliards d’euros pour la police et 1,53 milliard d’euros pour l’ de terre”, calculent les rapporteurs. Lesquels déplorent aussi que l’État n’ait pas jugé utile de leur fournir des données de comparaison détaillées…

Pour conclure, considérant l’incohérence des actions – on autorise les manifs, les casseurs et les Nuit debout, mais on met la pression sur les kermesses scolaires –, on ne peut s’empêcher de penser que notre « état d’urgence » est une vaste fumisterie ruineuse qui sert essentiellement à satisfaire l’ego boursouflé de certains.

1 juillet 2016

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.