Manifestement résolus à interpeller François Hollande, porte de Versailles, au Salon des maires, d’où ils furent refoulés par la police, une centaine de casseurs vexés s’en sont pris au mobilier urbain, aux devantures des boutiques, aux distributeurs automatiques de banques, jusqu’à la mairie du XVe arrondissement, dont la porte fut attaquée à coups de hache.

Selon Le Parisien (3 juin), il s’agirait officiellement de bandes infiltrées dans “une non autorisée de cheminots anti-loi El Khomri”. Soit. Mais ce n’est pas le premier incident de ce genre que l’on peut déplorer depuis la mise en débat du projet gouvernemental de réforme du Code du travail à l’Assemblée nationale. Le 12 mai dernier, des casseurs, visages masqués et encagoulés, s’en sont pris violemment, battes de baseball au poing, aux membres du service d’ordre mis en place par les organisateurs des manifs anti-loi El Khomri. À Paris, à Nantes, à Toulouse (source : BFM TV). Idem, le 18 mai, quand les mêmes sauvages montèrent à l’assaut des grilles du musée de l’Armée, à l’hôtel des Invalides.

Manifestement, le gouvernement n’a guère pris l’entière mesure de ces scènes d’anarchie qui sont bien plus que des débordements : des actes de pure guérilla. Décrété à la suite des attentats du 13 novembre 2015, l’état d’urgence n’en finit pas d’être reconduit, la dernière prolongation s’étendant jusqu’au 26 juillet. On se perd en conjectures. Soit cet état d’exception légal (qui n’a rigoureusement rien à voir avec la « situation d’exception » théorisée par Carl Schmitt, en dépit de similitudes apparentes qu’il convient de nuancer) est proprement insuffisant, ce qui le rend inutile, soit il est prétexte à de viles et inavouables manœuvres destinées à profiter des pouvoirs élargis conférés provisoirement par la loi pour procéder à des enquêtes ou investigations totalement étrangères à la islamique.

Les forces de l’ordre sont visiblement débordées et, pis, elles sont contraintes de retenir leurs coups en cas d’interpellations ou d’affrontements avec les manifestants et les voyous. Le spectre de Malik Oussekine plane tel un nuage funeste au-dessus de la préfecture de où les avancements de carrières surplombent depuis longtemps la sauvegarde de l’ordre public.

Le Premier ministre Valls et son ministre de l’Intérieur gèrent la « chienlit » (et donc, d’une certaine façon, par leur nonchalance coupable, l’entretiennent) sur le dos des Français, espérant gagner du temps, jusqu’à l’adoption de la loi Travail, par des opérations de diversions dont la société du spectacle a le secret : le Festival de Cannes, les Internationaux de Roland-Garros, l’Euro 2016, le Tour de France, sans oublier les grands déplacements migratoires du tourisme industriel.

Pendant ce temps, notre bateau ivre hexagonal poursuit sa longue errance à vau-l’eau, son capitaine ayant préféré le suivre, de loin, sur un frêle pédalo mieux taillé à l’armature efflanquée de ses capacités. Il se donne du courage en ânonnant « Ça va mieux », tandis que, sur cet océan d’angoisse, affleurent les ailerons menaçants des requins islamistes…

3 juin 2016

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