S'il est un ministre qui, depuis mai 2012, fait le job avec efficacité et discrétion, c'est bien Jean-Yves Le Drian, aussi bien comme ministre de la Défense, avec les nombreuses opérations extérieures, que comme super-VRP pour la vente de Rafale et de navires de combat.

La guerre est déclarée et en même temps l'état d'urgence décrété et confirmé par la représentation nationale. Deux ministres « régaliens » coresponsables de la des Français se doivent donc sans partage à leur mission. La France attend de et d'être entièrement et exclusivement à leur tâche et quasi consignés dans leurs PC de guerre - et non plus simplement de crise - respectifs.

Or, le Breton Jean-Yves Le Drian, postulant à la présidence de la nouvelle région Bretagne-Loire-Atlantique, maintient sa candidature, en dépit de la charte de déontologie sur le non-cumul, ce principe si cher aux gens de gauche et rappelé par François Hollande soi-même le 19 octobre dernier. Invité dimanche au "Grand Rendez-vous" d' 1, il a renvoyé la décision cornélienne au Président, homme subtil et avisé, habitué aux compromis de circonstance, en répétant par deux fois : « Je resterai ministre tant que le président de la République l'estimera nécessaire ! » On a donc compris qu'il n'entend pas du tout laisser son chapeau breton accroché au vestiaire à Rennes.

Sa victoire paraît facile et son avenir plus clair que celui de ministre, quels que soient ses mérites, puisque aussi bien le terme prochain de 2017 est d'abord celui de son mentor et ami à l'Élysée, sauf si les honneurs de la guerre font oublier aux Français les horreurs du chômage. La Bretagne, qui héberge une grande partie des unités stratégiques et de l'aviation de la Marine nationale, sera à n'en pas douter reconnaissante de ses actions en lui apportant ses votes, quand bien même il confierait la - courte - campagne à ses colistiers plus libres de leur temps. Les électeurs des Pays de la Loire agrégés à la nouvelle entité territoriale reconnaîtront le promoteur des Mistral et les ouvriers des chantiers de Saint-Nazaire s'acquitteront, probablement aussi, d'un vote d'obligés.

Le dernier commentaire fait devant Elkabbach, concernant l'envoi du porte-avions au Moyen-Orient, force de frappe contre Daech, est un habile accroche-cœur - ou bulletin - qui ne devrait pas échapper aux Bretons revêches : « Le dispositif de la Marine sera complété par les chasseurs déjà sur place. » Les pilotes de l'Armée de l'Air qui bataillent sur zone depuis un an sont sûrement heureux d'apprendre que la victoire n'était pas entre leurs mains. Heureusement que l'interviewé n'est pas candidat en Aquitaine, où siège l'état-major des forces aériennes d'intervention…

Reste que le candidat Le Drian n'a pas désigné publiquement le président délégué - dernière et très opportune création socialiste - qui gouvernerait la région, le temps qu'il termine sa guerre. C'est peut-être l'urgence qui prévaut dans le Landerneau politique local, s'il ne veut pas subir une bronca des prétendants.

23 novembre 2015

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