Suite aux attentats de janvier et novembre 2015, la a pris ses dispositions : l'état d'urgence est déclaré, les projets de réforme sont d’actualité et certaines lois importantes ont été adoptées sans aucun débat entre les deux épisodes meurtriers, notamment la loi ou la loi renseignement. Le Président remonte dans les tandis que la quasi-totalité de nos concitoyens se satisfait de ces mesures alors qu’elles sont au mieux publicitaires, lorsqu’elles ne sont pas liberticides. Seule une poignée de militants politiques crie au scandale, avant d'être elle-même étouffée.

Notre mouvement féminin trahirait son nom s’il laissait passer ces épisodes sans réagir. Si l’Antigone antique a refusé que soit bafouée une seule sépulture pour obtenir la paix civile, comment réagirait-elle alors qu’aujourd’hui des mesures violent, sous prétexte de sécurité, les libertés publiques de notre peuple ?

Contrairement à beaucoup d'idées reçues, la plupart de ces mesures légales sont le fruit d'un travail mûrement réfléchi. Elles avaient simplement été jugées trop sensibles ou contraires aux libertés fondamentales jusqu'alors. La révision constitutionnelle prévoit de modifier l'état d'urgence pour faire de l’exception la norme. Il pourrait être déclaré pour des raisons totalement vagues et innombrables, à la simple discrétion du gouvernement, sans aucune garantie ou contrôle. Rajouter à cela la déchéance de nationalité qui fait sourire tant la mesure est publicitaire et ne vise qu'à faire avaler la pilule à certains droitards !

Il en va de même avec le renforcement de la préventive via la réforme de la procédure pénale, dont l'allégement est plus préjudiciable aux innocents qu'aux coupables ! Abordé en même temps que la révision constitutionnelle, cela permet une confusion, volontaire, entre la police administrative (à vocation préventive) et la police judiciaire (à vocation répressive). Cette police préventive n’avait déjà de cesse de s’octroyer de nouvelles prérogatives avec, par exemple, le dossier brûlant de l’affaire Dieudonné.

Les Français auraient voulu éviter « ça ». Cela ne signifie pas pour autant que l'on doive basculer dans un scénario à la « Minority Report ». On ne peut pas embastiller de possibles auteurs, ni même priver de droits ceux qui pourraient passer à l’acte dans l’avenir. Pourtant, cette tendance au contrôle avant l’acte est croissante : données numériques stockées, déplacements surveillés par vidéosurveillance, mise sur écoute massive de la population, etc.

Ce n’est pas parce que nous n’avons rien à nous reprocher que nous devons nous laisser contrôler. Bernanos rappelait justement le privilège des gentilshommes d’avancer masqués. Les lois sont respectées par le citoyen lambda, non par ceux qui sont en infraction : nous sommes donc restreints, non les terroristes.

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » est devenu notre devise nationale, sans honte. Il ne s’agit donc pas d’un retour à l’État souverain, mais d’un État policier et dictatorial digne de 1984 d’Orwell.

Les Antigones s’opposent donc résolument à ces dernières lois et réformes, car « un peuple qui sacrifie sa liberté pour un peu plus de sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre ». Antigone se révolterait !

70 vues

31 janvier 2016

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.