Ainsi donc, la rédaction du journal La Provence s’est dite « choquée » après les déclarations de , son nouveau patron. L’homme d’affaires, qui a pris le contrôle avec la Hersant des quotidiens du Sud-Est, a osé expliquer que leur concurrent, La Marseillaise, jadis d’obédience communiste, était « le mieux fait de toute la région ». Ceux de La Provence l’ont plutôt mal pris. S’entendre dire qu’on est plutôt « mauvais », comme l’ont fort justement compris les intéressés, ne fait pas vraiment plaisir.

Et si, malgré les protestations de vierges effarouchées des journalistes de La Provence, Tapie avait bien raison de s’interroger sur les performances d’un journal qui « vend 30 000 exemplaires, abonnements compris, dans une ville de près d’un million d’habitants » ? Et si, comme il l’a dit, c’était quand même un petit problème que « les Marseillais [n’aient] pas envie d’acheter leur quotidien » ?

Mais que voulez-vous, il est tellement plus facile de s’indigner, de crier à la provocation, d’en appeler à la de la presse, de prendre à témoin l’opinion publique, que de s’interroger sur des chiffres qui disent, à eux seuls, un désaveu et un échec.

Nos confrères, on peut en prendre le pari, ne tarderont pas à recevoir le soutien de « toute la profession ». On entend d’ici les dénonciations du « prédateur », les appels à la solidarité, les invocations des grands principes.

Reste les 30 000 exemplaires vendus… Ceux-là, toutes les pétitions outragées ne pourront les gommer. Le corporatisme tient décidément trop facilement lieu de réponse à une dont les journalistes ne peuvent s’exonérer. Mais on ne va quand même pas s’interroger sur son talent. Celui des autres assurément, mais le sien… Embêtant quand même de faire « aujourd’hui le journal que les Marseillais n’ont pas envie d’avoir ». Du Tapie dans le texte, c’est vrai. Mais pas faux pour autant…

17 mars 2013

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.