Le cardinal Vingt-Trois, président de la conférence des Evêques de France, l’a dit au micro du « Grand Jury » : il n’ira pas manifester le 13 janvier. « Je ne dis pas que je n’irai pas saluer les manifestants », a-t-il rajouté, précisant qu’il avait déjà invité tous ceux qui avaient quelque chose à dire sur le sujet à « se manifester » (plutôt qu’à manifester tout court ?).

C’est finaud, matois, circonspect et parfaitement illisible : se montrera-t-il ou ne se montrera-t-il pas à la manif ? Appelle-t-il, oui ou non, ses ouailles à descendre dans la rue ? Comprenne qui pourra.

Il a encore dit que, de toutes façons, il n’avait pas besoin de « prendre ce moyen pour exprimer son point de vue devant le pouvoir politique », attendu qu’il pouvait « atteindre [celui-ci] tous les jours. » Sans doute, sans doute. Personne n’en disconvient. Il est un homme important, avec de l’entregent. Mais, sans vouloir lui faire de peine, tout cela n’a pas l’air de suffire.

Me reviennent à l’esprit cette phrase de Jacqueline Pascal, la sœur de Blaise : « Quand les évêques ont des courages de femme, il faut que les femmes aient des courages d’évêque », et aussi certain épisode de l’histoire de au cours duquel des paysans résolus sont venus chercher leur seigneur irrésolu au fond de son lit pour le forcer à venir combattre à leur tête.

Je voudrais être aujourd’hui ce manant-là, qui vient tirer Monseigneur par les pieds pour que, croix pectorale et mitre dehors, il vienne montrer l’exemple et ouvrir la chaussée parisienne.

Devant toutes les crèches des églises de ce soir, et durant tout le mois de janvier, il y aura un ange quêteur. Vous savez, un ange avec une tête articulée et une fente de tirelire sur les genoux, comme un rempart devant la Sainte Famille : quand on lui donne une belle et grosse pièce, il dodeline de la tête en tous sens pour remercier. Mais les pingres qui glissent de la grenaille, il ne les gratifie que d’un petit hochement de tête glacial.

Monseigneur Vingt-trois ne sera quand même pas le radin de la crèche, celui qui, le 13 janvier, pour défendre la famille, se contentera de jeter en passant à la foule un petit coucou prudent sur le bord du trottoir (ce n’est pas tout ça, mais faut que je vous laisse j’ai un menhir à livrer), et dont les anges détourneront le regard ?

Laissez-moi croire qu’un miracle de est toujours possible, et que le Président de la conférence des évêques de France, en cette de Minuit à Notre-Dame, se souvenant de la terrible phrase de Simone Veil (« Si les évêques de avaient bougé, jamais la loi sur l’IVG ne serait passée »), trouvera d’un coup courage et générosité pour se jeter — vraiment et de toutes ses forces — dans la bataille pour la famille.

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25 décembre 2012

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