Editoriaux - International - People - 24 juillet 2013

Et si le rejeton royal se sentait reine ?

Le suspense était insoutenable. Kate Middleton allait-elle accoucher d’un garçon ou d’une fille ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Où ça ? Et toute une foule de questions au bord de foutre en l’air les vacances des abonnés des magazines people. Mais voilà une bonne chose de faite : le rejeton est là et c’est un garçon. Alléluia ! Enfin… Un garçon, un garçon, c’est vite dit… Théorie du genre oblige, peut-être se sentira-t-il petite fille dans quelques mois. Ah.

Voici et Closer contraints de publier un rectificatif, la reine passant de “my poupinet”” à “my poupinette”, tout un protocole chamboulé… Et la grande question qui viendrait alors à tous les esprits : un garçon tendance talons aiguilles peut-il finir Drag Queen à Buckingham Palace ? L’Angleterre qui n’a pas manqué, elle aussi, d’autoriser le mariage entre personnes du même sexe doit se préparer à toute éventualité. Un roi uni à un homme peut-il régner sur le pays ? Si oui, les enfants adoptés peuvent-ils assurer la lignée royale ? Dans le cas d’une réponse à nouveau affirmative, nous crions au conte de fées ! Un petit Roumain choisi dans un orphelinat devient roi d’Angleterre ! Voletez paillettes, sonnez clochettes… C’est la magie du mariage pour tous.

Mais gardons-nous de telles vulgarités car le couple ne manquerait pas de faire appel à une mère porteuse haut de gamme. Une femme dans la grande tradition anglaise choisie parmi un harem logé non loin des écuries royales et dans lequel serait puisée la future génitrice du rejeton sacré. Une pouliche au ventre confort trois étoiles. Et l’affaire serait entendue ! Harold II accompagné de son époux le prince Lulu viendrait présenter le petit chose au balcon du palais devant ses sujets déchaînés… Image idyllique que pourrait venir perturber quelques années plus tard la mère porteuse en question. Après tout, ne serait-elle pas en droit de réclamer le titre de reine mère avec tous les égards dus à son rang ? Reine mère porteuse… d’emmerdements. Procès fleuve… Des années de procédures assurant la prospérité à Voici et Closer et des années de rigolade pour les autres… Aucun média, excepté le sémillant Boulevard Voltaire, n’a osé imaginer pareil scénario délicieux… God save Robert Ménard !

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