Depuis peu, les papes écrivent des livres. Les précédents ont écrit sur Jésus, les saints, lspiritualitéPape François, lui, écrit sur la politique, et le devoir de chrétien et de Français est de dénoncer des propos faux et choquants. Selon une sage tradition bimillénaire, le pape s’exprime dans une bulla, un bref, et surtout une encyclique, qui expose aux évêques et aux fidèles la position officielle de l’Église sur un sujet donné, hors des questions d’actualité afin d’atteindre une portée générale et durableTrois exceptions : Non abiamo bisogno (1931) critiquait le fascisme, Divini redemptoris (1933) condamnait le communisme, Mit brennender Sorge (1933) dénonça le nazisme. L’actuel pape fait peu d’encycliques (trois), mais la dernière (Fratelli tutti, octobre 2020) prend des positions très politiques, dont : la réforme de l’ONU et surtout l’invitation à  l’Europe d’accueillir les « migrants ». 

Comme si cela ne suffisait, il sort un livre (novembre 2020), au ton polémique. On avait déjà été surpris par ses gestes brusques et même brutaux en public : beaucoup s’étaient interrogés sur son équilibre nerveux. Voici qu‘il se pique de donner des leçons de sociologie politique, affirmant que « la migration n’est pas une menace pour le christianisme » (Un temps pour changer, Flammarion, novembre 2020). En dépit de termes généraux, l’encyclique était déjà choquante : si les êtres humains (particulièrement les chrétiens) se doivent l’amour et l’entraide, ceci n’implique pas pour autant la submersion démographique, urbaine, culturelle, sécuritaire, économique : la Curie devrait aller camper le soir, dans le 9.3, via la ligne 13…

Dans son livre, le pape commet de graves confusions entre vrais réfugiés et migrants : « Rejeter un migrant en difficulté, quelle que soit sa croyance religieuse, par peur de diluer une culture chrétienne, c’est déformer de manière grotesque (sic !) à la fois le christianisme et la culture. » Entrant dans la mêlée politicienne sans en avoir ni la mission ni les outils intellectuels : « La migration n’est pas une menace pour le christianisme, sauf dans l’esprit de ceux qui gagnent à prétendre qu’elle l’est. Défendre l’Évangile et ne pas accueillir les étrangers dans le besoin, ni affirmer leur humanité en tant qu’enfants de Dieu, c’est chercher à encourager une culture qui n’est chrétienne que de nom»

Cet amalgame très jésuitique ignore la position de tous ceux qui préfèrent l’aide au développement, voire les actions militaires pour défendre les populations (particulièrement chrétiennes), livrées aux horribles guérillas islamistes, plutôt que la submersion migratoire qui cause  le  malheur  des déracinés et des autochtones. S’enfonçant plus encore dans le combat politicien : « Un des fantasmes du nationalisme dans les pays à majorité chrétienne est de défendre la “civilisation chrétienne” contre des ennemis supposés, qu’il s’agisse de l’islam, des juifs, de l’Union européenne. » 

ne comprend ni l’Europe ni l’islam (malgré les crimes islamistes contre des chrétiens, y compris dans des églises). Il oublie les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, garantis par les textes majeurs des Nations unies. Il stigmatise « ceux qui, souvent […] considèrent l’héritage de leur nation comme une sorte d’identité. Leur crainte de leur perte d’identité a augmenté alors que la fréquentation des églises a diminué. » Et si la fréquentation des églises avait diminué non pas par la faute des croyants mais en raison de la pauvreté intellectuelle, spirituelle, liturgique du clergé, pape en tête ? Le pape – qui n’est nullement infaillible lorsqu’il ne s’exprime pas ex cathedra en matière de foi et de morale – contredit aussi sa propre « théologie du peuple » (les pauvres, les peuples de la terre, avec leur culture propre et leur enracinement)Mais il semble que les pauvres et les peuples d’Europe n’ont pas droit au même respect.

29 novembre 2020

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