Culture - Editoriaux - Union Européenne - 22 juin 2016

Et si le Brexit donnait aux Français la volonté de reconstruire l’Europe ?

Samedi 18 juin, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l’élection présidentielle de 2017, était depuis Londres l’invité du journal de France Inter. À cette occasion, le député de l’Essonne déclara au sujet du Brexit que “le réveil des Britanniques donnera la volonté aux Français de reconstruire l’Europe”.

Quelle chance ce serait que de pouvoir reconstruire l’Europe, de passer d’une mauvaise Europe, d’une Europe qui a trop souvent échoué, à une bonne Europe ; bref, passer de quelque chose de négatif à quelque chose de positif.

Réconciliation et paix sont les deux piliers de la construction européenne. Les nations ont souhaité cette construction commune suite aux conflits dramatiques du XXe siècle, parce qu’elles ne voulaient pour rien au monde avoir à les revivre. Et si les peuples ont suivi, c’est parce qu’ils étaient stimulés par la recherche du développement.

Aujourd’hui, qu’espérons-nous de l’Europe ? Les partisans d’une Europe fédérale vous répondront sûrement qu’ils espèrent la construction d’un État européen. Sauf qu’ils semblent oublier un élément essentiel : pour qu’il y ait un État et que celui-ci fonctionne de façon démocratique, cela suppose l’existence d’un peuple, en l’occurrence d’un peuple européen. Or, malgré le fait que les peuples européens partagent des valeurs communes, il n’existe pas pour le moment de peuple européen. Les barrières que représentent les traditions, les cultures ou les langues rendent extrêmement difficile le fonctionnement d’une démocratie à l’échelle continentale.

Du coup, les nations sont bien, à l’heure actuelle, les seuls niveaux démocratiques sur lesquels l’Europe puisse se reposer.
Et, partant, le seul moyen de rendre l’Europe plus démocratique, c’est de la réformer. En bâtissant une Europe confédérale plutôt que fédérale. Cette solution n’empêche en rien la possibilité de déléguer des compétences, pour celles qui s’exercent en commun, à condition bien entendu qu’un contrôle soit exercé par les Parlements nationaux ou par les peuples par le biais du référendum.

La mondialisation est une chance parce qu’elle permet aux États de faire ensemble ce qu’ils sont incapables de faire seuls. Mais construire ensemble n’implique pas nécessairement d’adopter une logique uniformisante !

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