Editoriaux - Justice - Société - Table - 16 octobre 2015

Et maintenant le sexe neutre !

Une personne intersexuée a obtenu du tribunal de Tours le droit de faire apposer la mention “sexe : neutre” sur son état civil. À 64 ans, même si on ne sait pas s’il faut désormais lui dire “Monsieur” ou “Madame”, cette victoire juridique apporte probablement une petite compensation à l’intéressé-e.

Bien que rares, les ambiguïtés anatomiques sexuelles sont loin d’être exceptionnelles, et les difficultés psychologiques, sociales et sexuelles qu’elles génèrent tout au cours de la vie méritent une compassion sincère. Par des interventions chirurgicales ou des traitements hormonaux, la médecine tente habituellement de développer, dès la petite enfance, le sexe apparemment prédominant, avec des résultats variables. Bien que considérée comme un moindre mal, cette attitude est aujourd’hui vivement critiquée par le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe : “En raison des préjugés, des nourrissons subissent des interventions chirurgicales et des traitements médicaux non nécessaires. Il est temps de s’atteler à résoudre cette situation inacceptable.” En clair, les médecins sont des barbares…

Nous savons d’expérience (IVG, mariage homo, euthanasie) que les jugements d’exception comme celui de Tours permettent aux groupes de pression de s’engouffrer derrière pour les banaliser, en faire des droits, puis une norme, parfois une obligation, et souvent finir par envoyer en correctionnelle ceux qui oseraient s’interroger à haute voix sur leur pertinence. En l’occurrence, on peut prévoir sans grand risque que les tenants de la fumeuse théorie du genre fourbissent leurs armes. Comme toujours à l’avant-garde des délires, la Suède a déjà introduit depuis longtemps dans son dictionnaire un pronom neutre entre “il” et “elle”, qu’il est recommandé d’utiliser pour les petits jusqu’à dix ans au moins, afin de ne pas les influencer ! Suggestion dont l’effet, sinon le but, sera de déboussoler complètement les enfants à l’âge où leur psychisme se construit. Moins grave : des politiciens y proposent l’installation de toilettes neutres pour que les citoyens ne soient plus obligés de se catégoriser en “dames” ou “messieurs”. Sans doute des prostatiques voulant écourter l’attente… Chez nous, déjà, les pétroleuses ont obtenu une première victoire en faisant supprimer la case « Mademoiselle » des formulaires administratifs. Mais si les personnes de sexe neutre se multiplient, le Conseil constitutionnel aura un grave problème « républicain » à traiter. Comment, effectivement, respecter la parité dans les scrutins de liste ?

À lire aussi

Procès Bannon chez Bourdin

La première banderille est posée : il est riche, donc il ne peut pas être honnête. …