Editoriaux - Internet - Santé - Société - Table - 8 novembre 2016

Et maintenant, l’avortement en promo !

Quelle est l’affaire la plus importante, en France, aujourd’hui ? Le principal sujet de préoccupation ? Le chômage qui augmente malgré les trucages de chiffres ? Pas du tout. Savoir si Hollande se représente ? Loupé. Les inévitables futurs attentats ? Encore raté. L’état d’urgence ? Allons, soyons sérieux. Les flux migratoires grossissants ? Vous n’y êtes pas. Eh bien, j’vais vous l’dire, comme dirait l’autre.

Lorsqu’une affaire est capitale, déterminante, fondamentale, absolument prioritaire, et que l’on observe un « vide-ju » – un vide juridique, une béance législative –, l’urgence absolue, pour tout gouvernement, consiste à pondre une loi, là, tout de suite, immédiatement, pour boucher le trou et régler le problème. Il dispose, pour cela, d’une procédure spéciale, la « procédure accélérée », qui permet à l’Assemblée nationale et au Sénat de se mettre d’accord, au galop, sur un texte commun : pas besoin de deux lectures devant les deux chambres, pas d’amendements, bref, le 45-2, c’est la LGV, la Loi à Grande Vitesse.

Le Journal officiel du 8 novembre – aujourd’hui – donne l’information suivante : « Par courrier en date du 7 novembre 2016, M. le Premier ministre a informé M. le président du Sénat de la décision du Gouvernement d’engager, en application de l’article 45, alinéa 2, de la Constitution, la procédure accélérée pour l’examen de la proposition de loi relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale le 12 octobre 2016. »

Et voilà ! Tout le reste n’est que billevesées, roupie de sansonnet, pipi de chat, poudre aux yeux. Le truc urgentissime, ce sont ces satanés sites Internet qui prennent, paraît-il, l’allure de sites officiels et qui ne font pas la promotion de l’avortement. Il faut, de toute urgence, les mettre hors d’état de nuire, les bâillonner, leur couper les vivres. Non mais ! Faut être malfaisant pour conseiller aux femmes de réfléchir avant d’avorter ! Ça mérite punition, il faut que le juge pénal s’en mêle.

C’est l’impayable Rossignol, le ministre des Familles… euh… enfin… le ministre des non-familles, qui veut absolument agir. Vite, vite, vite, avant de se faire virer, elle veut passer sa petite loi, rester pour la postérité comme celle qui a créé un nouveau délit d’entrave à l’IVG. Les islamistes se marrent ! Pensez donc : freiner la natalité française et booster la natalité exogène, c’est le paradis. Alors la dame, celle qui clamait, il y a peu, que les enfants n’appartenaient pas à leurs parents, met le turbo. Allez hop ! Tout le monde à l’IVG et silence dans les rangs. Les sites qui contestent, au gnouf !

Je présume que, dans notre épais arsenal législatif, il n’y a rien contre ceux qui se font passer pour ce qu’ils ne sont pas, pas la plus petite loi à appliquer, pas la moindre punition pour les copistes indélicats. Non ! La Rossignol, avec la légèreté d’un tank Sherman, veut du nouveau, un truc à son nom, pour qu’on sache bien qu’avec elle, c’est Karman qui a droit de cité, et pas Blanche-Neige et ses sept nains.

Les sites djihadistes peuvent attendre ! Haro sur les anti-IVG. Il a le sens de l’à-propos, le ministre de l’Enfance !

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