Editoriaux - International - Justice - Société - 13 août 2016

Et maintenant, « la polygamie pour tous »

Il fallait bien s’y attendre !

Cela nous surprend, nous Occidentaux, nous, trempés dans les « valeurs de la République », nous, façonnés depuis deux mille ans par la chrétienté, nous qui mettons l’égalité des êtres humains – et donc des femmes et des hommes – au-dessus de toute autre vertu, nous qui arborons fièrement un humanisme profond, hérité autant du « siècle des Lumières » que des Pères de l’Église. Il fallait bien s’y attendre et, vous verrez que, de petits reculs en renoncements, de petites lâchetés en abandons, de petites trahisons en aveuglement, nous allons y passer.

De quoi s’agit-il ?

En mai dernier, l’Italie a officialisé « l’union civile homosexuelle » ; c’est leur « mariage pour tous ». Immédiatement, Hamza Piccardo, le fondateur de l’Union des communautés et organisations islamiques d’Italie – c’est leur UOIF –, a dégainé son raisonnement : “Quand on parle de droits civils, ici, la polygamie est un droit civil. Il n’y a pas de raison pour laquelle l’Italie ne devrait pas accepter les mariages polygames de personnes consentantes.” Et de faire le parallèle avec les homosexuels sur le thème : nous, musulmans, “n’approuvons pas les relations homosexuelles et pourtant c’est la loi et nous la respectons. Les personnes concernées sont une minorité, comme le sont les polygames. La société peut accepter toutes les minorités.” Ergo, elle doit accepter les polygames et officialiser leur statut, comme elle le fait pour les homosexuels.

Évidemment, en Italie, plein de voix s’élèvent contre cette demande parfaitement communautariste, qui cherche à émerger en triturant le droit et les libertés publiques. Elles me rappellent, ces voix, la réaction d’Élisabeth Guigou, alors ministre de la Justice, qui, lors de l’adoption du PACS, en 1999, avait crânement déclaré : “Aller plus loin et ouvrir le mariage aux homosexuels, jamais !” On connaît la suite. Comme quoi il faut se méfier de ces indignations publiques qui, comme la taqiya le professe, n’ont pour objet que de dissimuler ce que l’on pense.

Ainsi, l’affaire de la polygamie est posée chez nos voisins et amis, les Italiens. Évidemment, les Alpes seront franchies dans la foulée et on peut parier que, dans un avenir proche, la même demande sera faite en France. Quelle réponse y sera donnée ? On ne peut le présumer mais, sans une prise de position forte, publique et non négociable de la part des futurs candidats à l’élection présidentielle, ce terrain restera miné. La question à laquelle ils devront répondre est simple : « Êtes-vous favorable à l’inscription de la polygamie dans notre droit civil ? » La réponse doit être aussi simple : « Non » ou « Oui ». Pas besoin de commentaires ou d’explications de texte, pas de « peut-être », de « faut voir » ; simplement « oui » ou « non ». Comme cela, nous saurons, et voterons en conséquence.

La déclaration de Piccardo a été faite le 6 août, il y a exactement une semaine. Sauf erreur de ma part, je n’ai entendu aucune voix féministe française réagir contre cet asservissement que constitue la polygamie à sens unique. Qu’attendent-elles, nos belles râleuses, pour sortir du bois ?

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