L’ n’a plus la cote, les élites sont décriées, de Manille à Washington en passant par la vieille Europe, le monte partout, mais les électeurs, dans leur immense majorité, continuent de voter avec la foi du charbonnier car, malgré Lisbonne, malgré le grec, ils croient encore dans la démocratie. Cependant, quelques francs-tireurs, généralement qualifiés d’extrémistes, estiment que l’exercice est vain car nos démocraties ne sont rien de moins que des dictatures déguisées à l’image du « meilleur des mondes » prophétisé par Aldous Huxley. J’en fais partie.

Dans le passé, l’ (traité de Nice) et le Danemark () s’y étaient pris à deux fois pour dire OUI à la question posée par le gouvernement. Certainement, ce précédent encourageant pour les perdants du explique pourquoi nous entendons çà et là des rumeurs sur un éventuel second référendum. Pourtant, les deux situations ne sont pas comparables. Les Irlandais et les Danois avaient voté initialement NON, ce qui équivalait au maintien du statu quo.

Cette fois-ci, les Britanniques n’ont pas voté pour le statu quo mais, au contraire, pour le changement. Le gouvernement est donc moralement tenu de s’exécuter avant éventuellement de reposer la question. Sur ce dernier point, certains ont mis en avant le fait que le référendum n’avait pas de portée juridique contraignante. C’est oublier que le Royaume-Uni n’a pas de Constitution écrite et que la démocratie y repose sur le respect de la parole donnée. s’étant formellement et publiquement engagé à l’avance à respecter le vœu du peuple, la polémique est sans objet.

Mais alors, si l’Europe est effectivement une dictature, comme je le crois, comment les élites vont-elles s’y prendre pour voler une fois de plus la victoire au camp adverse ? Voici la réponse apportée par le très pro-européen Guardian de Londres. Pour déclencher l’article 50 du traité de Lisbonne (procédure de sortie de l’Union européenne), le successeur de David Cameron devra d’abord passer par un vote au Parlement (Lords et Commons réunis). Cette obligation n’est écrite nulle part mais elle semble légitime dans la mesure où l’entrée du Royaume-Uni dans l’Union européenne en 1972 avait été votée par cette même assemblée. Bien évidemment, le prochain locataire du 10 Downing Street devra s’assurer d’une majorité avant de soumettre son projet de loi. Or, cette majorité, il ne l’a pas aujourd’hui, loin s’en faut.

Ce constat nous conduit donc vers trois possibilités. Ou bien le prochain Premier ministre, en partisan du Brexit convaincu, passe outre le Parlement et déclenche l’article 50, pariant sur le fait qu’en 2020, lors des prochaines , le Royaume-Uni aura surmonté avec succès la transition. Ou bien il convoque tout de suite des élections anticipées et la se transforme en une foire d’empoigne non plus entre Tories et Labour mais entre partisans ou non du Brexit. Ou bien, enfin, il laisse le Parlement endosser la responsabilité de désavouer le verdict du référendum et donne sa démission.

En tout état de cause, si un gouvernement, après avoir consulté le peuple sur une question précise et décisive pour son avenir, ne se plie pas aux vœux exprimés par la majorité, alors ce gouvernement est une dictature de fait. En l’espèce si, dans les mois qui viennent, le Brexit n’est pas suivi d’effet, alors nous aurons la preuve irréfutable que l’Europe est une dictature et que le gouvernement de Sa Majesté, comme ceux de tous les autres membres, ne sont que des otages.

29 juin 2016

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