Accueil Culture Cinéma Est-on plus libre en France qu’en Iran ?

Est-on plus libre en France qu’en Iran ?

Dans mon précédent article (Argo dans le viseur de Téhéran), je m’inquiétais de la santé de nos démocraties suite à l’intention affichée par l’ d’intenter un procès aux auteurs du film américain Argo. Depuis, j’ai visionné le film, dont la qualité ne me semble pas si exceptionnelle, mais dont le contenu idéologique ne me semble pas non plus excessif au regard des pleurnicheries patriotiques dont le cinéma américain nous gratifie parfois.

L’opération Argo fut rendue publique en 1997 par le président Clinton (18 ans après les faits) et le film fut projeté en 2012 (33 ans après les faits). Cette « exfiltration » bricolée sur le tas n’est pas sans me rappeler la géniale opération de sauvetage d’Apollo 13…

L’un des commentateurs, ayant qualifié ma précédente intervention sur Boulevard Voltaire (je cite) de « merde », soulevait la question au final de savoir si « nous sommes réellement et fondamentalement plus libres qu’un citoyen iranien ». Ayant constaté par ailleurs (sur Facebook) que le livre préféré de ce commentateur est le Coran et que son club de foot favori est le PSG, je me pose la question de savoir si on l’a correctement informé – ce dont je doute évidemment – sur les mille ans de traite arabo-musulmane dont l’Afrique noire a été l’objet.

Ainsi, en 1964 par exemple, une équipe de télévision américaine, lors d’un périple au Moyen-Orient, débusqua dans un vieux fort un marché au « bois d’ébène », où l’on voyait des enturbannés arabes tâter la qualité de la viande d’Afrique noire avant de ramener la marchandise vers quelque harem. Cela se passait au… Qatar. Vous ne rêvez pas : 1964. L’occasion peut-être pour notre interlocuteur d’éclaircir certains points d’histoire en prenant rendez-vous avec les investisseurs du PSG, son club préféré.

Pour tenter d’apporter une réponse à la question posée par cet intervenant (« sommes-nous réellement et fondamentalement plus libres qu’un citoyen iranien ? »), je commencerai par une citation de la philosophe Simone Weil : « La liberté véritable ne se définit pas par un rapport entre le désir et la satisfaction mais par un rapport entre la pensée et l’action. » (in Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale). Ainsi Rayhana, metteur en scène algérienne laïque ayant fui les islamistes algériens, aspergée d’essence en plein Paris (15/1/2010) et qui ne doit sa vie qu’à une allumette déficiente, n’est peut-être pas plus libre en France qu’en Iran. Mais on est sans doute plus libre en France qu’en Iran lorsque l’on se nomme Serrano, que l’on plonge un crucifix dans sa propre pisse pour les besoins d’une « œuvre » photographique nommée aussi « Piss Christ » (très « tendance »). Dans les deux cas toutefois, et dans le prolongement de l’idée de Simone Weil, la « nature » de « l’action » résulte peut-être d’une pensée malade, voire d’une absence de pensée, car, comme le disait Bernanos : « Une pensée sans action ou une action sans pensée ne sont rien. »

Et pour finir, l’extrait d’une interview donnée par , le chanteur de U2, au magazine Rolling Stone en 2007 : « I want to be very, very clear, however […] There is an imminent threat. It manifested itself on 9/11. It’s real and grave. It is as serious a threat as Stalinism and National Socialism were. Let’s not pretend it isn’t. » (« Cependant, je veux être très, très clair […] Une menace imminente existe. Elle s’est manifestée le 11 septembre 2001. Elle est réelle et grave. C’est une menace aussi sérieuse que ne l’étaient le stalinisme et le national-socialisme. Ne nous voilons pas la face.»)

À lire aussi

Sur la piste du coronavirus… quand on découvre l’évidence

Pendant ce temps, continuent les Sherlock Holmes, « le coronavirus rôdait silencieusement …