« La fameuse vague de froid dont parlent les journalistes, c’est ce que jusqu’à récemment on appelait l’hiver ? » Cette boutade circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux et amuse les internautes. À force d’entendre parler de réchauffement climatique à longueur de journée, on en arriverait presque à oublier que des températures gelées peuvent encore exister en plein mois de février.

Alors, cette semaine, toute la presse, manifestement frigorifiée, n’a pas manqué de titrer sur cet épisode hivernal normal qu’il est convenu d’appeler « vague de froid ». Sur LCI : « Températures polaires, à quand la fin de cette vague de froid ? » CNews : « Vague de froid : la crainte des coupures d’électricité. » Et Le Monde de répondre aux climato-sceptiques : « Pourquoi une vague de froid ne remet pas en question le réchauffement climatique. » Pendant qu’une partie de la France claque des dents, Le Parisien a cherché et trouvé une façon de se distinguer en s’interrogeant pertinemment sur le lien entre ce « pic de froid » et la pandémie.

Si les études de nos épidémiologistes éclairés, relayées par les sachants et le ministère de la Santé, démontrent que « la bande de température dans laquelle le virus circule le mieux se situe entre 3 et 17 degrés et surtout entre 6 et 11 degrés » et que « seize articles sélectionnés pour l’analyse finale sont unanimes pour affirmer que les conditions fraîches et sèches étaient les facteurs favorisant le mieux la propagation du Covid-19, celle-ci étant largement absente dans des conditions extrêmement froides et très chaudes et humides », il convient donc de déduire que ce « grand froid » réduirait la circulation du virus.

Mais fallait-il vraiment chercher la réponse du côté des experts ? Un peu de bon sens ne suffisait-il pas à imaginer que ces températures, un peu plus rudes que d’habitude, ne sont pas forcément propices aux longues sorties à l’extérieur ? Que tout simplement, quand il fait froid dehors, l’on se « confine » au chaud chez soi ? C’est sans doute ce que cherche à nous faire comprendre Chiara Poletto, épidémiologiste à l’INSERM, lorsqu’elle explique au Parisien : « Des études montrent un impact, mais c’est nuancé par le fait qu’il y ait de très fortes interventions humaines. Un aspect très important sur le sujet est de réussir à séparer l’effet des températures et de l’humidité sur la transmission du virus et l’effet des températures sur le comportement humain. » Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément !

13 février 2021

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