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Editoriaux - Histoire - 17 mars 2013

Est-ce à nous d’entretenir la maîtresse de Hollande ?

Xavier Kemlin, descendant de Geoffroy Guichard et héritier du groupe Casino, vient de porter plainte contre , l’accusant de détournement de fonds publics. Selon lui, Valérie n’étant ni mariée, ni même pacsée avec le Président, elle n’aurait aucun « lien juridique » avec les Français. Pourquoi, demande-t-il, les contribuables français devraient-ils loger, nourrir, blanchir une simple « maîtresse », payer ses voyages à l’autre bout du monde et rétribuer ses gens de maison, bref l’aider à mener grand train ? (Quand eux-mêmes, pour la plupart, rament péniblement pour garder la tête hors de l’eau… Ça, c’est moi qui le rajoute, Xavier Kemlin se sentant sans doute peu qualifié pour le faire.)

Xavier Kemlin soupçonne haut et fort le Président de ne pas vouloir régulariser pour éviter, en rapprochant son propre patrimoine de celui de l’héritière d’une famille de banquiers, de devoir payer l’ISF. Il s’inquiète de la possibilité, compte tenu du statut précaire de la dame et des bruits qui courent déjà sur son possible remplacement dans le cœur — et ailleurs —, de Hollande, de devoir mettre la main au portefeuille pour entretenir à l’avenir tout un défilé de jolies pépées. Il s’irrite enfin de voir ces histoires d’alcôve présidentielle faire ricaner le monde entier.

Sans parler du monde entier, autant vous dire qu’aujourd’hui en France, ceux contre lesquels Mademoiselle Valérie — un tout petit peu procédurière — a exercé sa vindicte judiciaire se fendent la pêche et se tapent sur les cuisses.

Rapprochez cela de l’avertissement lancé il y a trois jours par une dijonnaise à l’adresse du président alors qu’il s’essayait à un bain de foule (« Ne vous mariez pas avec Valérie, voilà. On l’aime pas, on l’aime pas ! »), et vous comprendrez que si la cote de popularité du président est dans les chaussettes, celle de sa dulcinée relève carrément de la spéléologie.

Sans rire, faut-il être godichon quand même pour se prendre un gadin jusque sous sa couette. S’il était un registre dans lequel Hollande pouvait briller les doigts dans le nez, c’était bien celui-là. Un coup facile. Le médiocre double dames qui s’était joué du temps de son prédécesseur — Cécilia la bourgeoise rebelle bovariesque et capricieuse et Carla la jet-setteuse italienne écervelée et dispendieuse — lui offrait un boulevard. Une femme normale après les poules de luxe. La carte de l’union libre, pour un président socialiste, aurait du reste pu être une idée finaude : une compagne indépendante, discrète, qui ne viendrait pas interférer dans les affaires de l’État et qui casserait symboliquement le cliché de la potiche entretenue, si insultant pour la cause féministe. Tu parles. D’un cliché à l’autre, Trierweiler a chopé le syndrome de la secrétaire qui couche avec le patron et qui est en mal de reconnaissance : jalouse de la mère de ses enfants, impérieuse, atrabilaire et susceptible comme dix Corses. L’option discrétion, ce n’était pas encore pour cette fois.

Xavier Kemlin s’était fait connaître ces dernières années pour son action médiatique contre Carrefour, par laquelle il entendait défendre son statut d’actionnaire minoritaire contre le « capitalisme dévoyé » réclamant « un épicier » à la tête de l’enseigne. Sans doute aujourd’hui entend-il défendre le Français (plus minoritaire du tout) contre le socialisme dévoyé, réclamant un président, un vrai, à la tête de la France.

Je ne sais si la contestation de tous ordres qui gronde actuellement dans ce pays va donner lieu dans les mois qui viennent à un remake français du printemps arabe, mais pour le rôle de Leïla Ben Ali, je crois que j’ai peut-être une idée de casting.

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