L’Etat espagnol craque.

Outre la crise financière qui étrangle le pays au point de le contraindre peu à peu à se placer sous la tutelle de Bruxelles et de la BCE, des régions irrédentistes appellent à se détacher de l’autorité de Madrid.

C’est le cas de la Catalogne suite à la manifestation monstre du 11 septembre.

Des centaines de milliers d’habitants ont appelé à l’indépendance. L’autorité politique catalane se plaint d’être financièrement spoliée par Madrid. L’échec des pourparlers le 20 septembre entre Artur Mas, président de la communauté autonome catalane, et le Premier ministre Mariano Rajoy, a poussé le dirigeant catalan à annoncer des élections anticipées pour le 25 novembre. L’espoir caressé est d’obtenir une majorité absolue de son parti Convergencia i Uno (CiU) afin de lancer la Catalogne sur la voie de l’indépendance même si son président se garde bien de prononcer le mot. Parallèlement à ces volontés sécessionnistes du côté catalan, les élections du 21 octobre au Pays basque prévoient une large victoire des nationalistes désireux de s’émanciper de l’autorité de Madrid. Bref, la balkanisation de la péninsule ibérique s’accentue de plus en plus.

Ces événements ne sont pas fortuits.

Ils ne sont que la conséquence d’un long travail de sape mettant à mal l’unité des Etats.

Dans le cadre de la construction européenne, trois strates se dessinent : l’Union européenne, les Etats et les régions. La politique de Bruxelles — favorisant, d’un côté, une autorité supranationale de l’Europe (une fédéralisation) tout en octroyant, de l’autre, des droits politiques, économiques, financiers et ethnoculturels aux régions — conduit à la marginalisation des Etats européens qui se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume.

L’Espagne en est le parfait laboratoire. Ce phénomène de promotion des régions dans un cadre européen supranational et fédéral correspond typiquement à la vision du Saint Empire romain germanique. Il est vrai aussi que tous les textes de la construction européenne promouvant l’autonomie (locale et régionale) — charte européenne des langues régionales, convention-cadre en faveur des ethnies, coopération transfrontalière, aménagement du territoire (CEMAT) ou encore code civil européen — sont tous d’inspiration allemande.

En fait, les élites germaniques dans la promotion de ces textes ont toujours cherché à s’associer à des groupes ethniques rebelles à l’autorité de leurs Etats (Flamands, Basques…).

Ainsi, la recommandation 34 (1997) du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux d’Europe (CPLRE) à l’origine de la montée en puissance du fait régional en Europe est due à l’action du gouvernement du Land de Basse-Saxe qui, en 1996, sous l’égide de son Ministre-Président Gerhard Schröder, a su propulser cet idéal de « landerisation » de l’Europe grâce au rapporteur socialiste de ce Land, Peter Rabe, sous l’autorité du président du groupe de travail, le Catalan Llibert Cuatrecasas.

Nous assistons donc à la mise en forme d’une Europe fédérale des régions correspondant parfaitement à l’idéal des pangermanistes du XIXe siècle : « Il faut dégager le substrat ethnique de sa gangue étatique avant de procéder à de nouvelles combinaisons (…). Tout Reich est une sorte de fédération et toute fédération mérite le nom de Reich. »

1 octobre 2012

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