Détestable plus encore que ridicule, encore plus nuisible que grotesque, caricature de Chirac qui ferait passer celui-ci pour un honnête homme et pour un politicien respectable — c’est tout dire —, contre-publicité à peine vivante, tant la chirurgie esthétique l’a modifié et momifié, pour le Botox et les implants capillaires, il n’y a guère que vingt ans que Silvio Berlusconi – Il Cavaliere – occupe le devant de la scène transalpine pour y incarner et y déshonorer la droite, la et l’Italie.

Condamné à maintes reprises, pour faux bilan, pour corruption, pour fraude fiscale, pour faux témoignage, pour subornation de témoin, repris de en somme mais sauvé de justesse chaque fois tantôt par la prescription tantôt par une amnistie opportune tantôt par une loi ad hoc concoctée en catimini et votée en tapinois, personnage de comédie qui traîne derrière lui d’obscurs et fétides relents de Mafia, on avait fini par le croire insubmersible tout comme avant lui Giulio Andreotti s’était avéré inoxydable.

Le plus récent avatar judiciaire de Berlusconi mettrait-il un point final à sa carrière ? On a pu le croire lorsqu’il y a trois jours un tribunal entièrement composé de femmes a condamné l’ancien président du Conseil à sept ans de prison assortis d’une inéligibilité à vie pour des turpitudes connues du monde entier sous l’amusante appellation de bunga-bunga. Clap de fin inattendu et brutal pour un homme qui s’était jusqu’ici joué de la et qui est enfin sanctionné pour des fautes de vieillesse plus répugnantes que criminelles, car enfin personne ne semble avoir pâti, ni lui-même ni ses invités ni ses partenaires, payées de sa poche qui, même quand elles étaient mineures pour l’état-civil, ne l’étaient pas dans le vice, de ces parties fines pour vieux marcheurs libidineux.

Au moins, nous a-t-on d’abord dit, l’Italie et l’ étaient-elles débarrassées de cet anachronique émule du Duce qui, illustrant la formule rebattue de Karl Marx, a répété la tragédie en farce et allait pouvoir jouir en simple particulier des plaisirs que procure l’argent aux vieillards. À peine la condamnation prononcée, il est apparu qu’une fois de plus l’accusé n’avait pas épuisé toutes les voies de recours et qu’au regard de sa nuisance, dans le contexte de la crise où se débat l’Italie, ce serait bien le diable si l’on ne trouvait pas une solution qui lui évite, sinon la honte, au moins de purger sa peine. Ciao bello ? Le vieil Arlequin, chassé par la porte, ne va pas tarder à rentrer par la fenêtre et, en prime, à nous adresser un magistral pied de nez.

26 juin 2013

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