Erdoğan, lui, connaît l’art de la guerre

L’Europe s’apprête à sous-traiter la question des migrants à la Turquie : Erdoğan rafle la mise, car celui qui tient le robinet des flux migratoires en Europe est le véritable maître du jeu.

Dans une proposition surprise, Ankara accepterait que l’Europe lui renvoie les migrants irréguliers (économiques) qui ont transité par la Turquie, ainsi que certains Syriens débarqués en Grèce. De son côté, l’Europe s’engagerait à accueillir dans l’Union européenne un réfugié venant de Turquie pour chaque personne reconduite par la Turquie, un principe baptisé “un Syrien pour un Syrien”.

En paiement, la Turquie recevra 6 milliards d’euros (au lieu de 3), l’Europe libéralisera la fourniture de visas pour les ressortissants turcs et le processus d’intégration de la Turquie à l’Europe sera accéléré.

Un dirigeant européen, après douze heures de sommet avec la Turquie, a lâché : “Nous avons affaire à des maîtres chanteurs. Et ils savent très bien jouer de nos divisions et de nos faiblesses européennes.”

Et si Erdoğan avait lu Sun Tzu ?

Sun Tzu est un général chinois, mort l’année qui vit naître Périclès, il y a vingt-sept siècles. Il est connu pour son ouvrage L’Art de la guerre. Voici quelques extraits de ce petit opuscule de 13 chapitres, frappant d’actualité :

« Le nœud des opérations militaires dépend de votre faculté de faire semblant de vous conformer aux désirs de votre ennemi. »

“Traversez le gouvernement de votre ennemi, semez la dissension parmi ses chefs, fournissez des sujets de colère aux uns contre les autres… faites-leur donner sans cesse de fausses alarmes et de faux avis ; voilà à peu près ce que vous devez faire, si vous voulez tromper par l’adresse et par la ruse.”

“Attaquez à découvert, mais soyez vainqueur en secret. Voilà en quoi consistent l’habileté et toute la perfection même du gouvernement des troupes. Le grand jour et les ténèbres, l’apparent et le secret ; voilà tout l’art.”

“Toute campagne guerrière doit être réglée sur le semblant ; ne manquez jamais d’offrir un appât à l’ennemi pour le leurrer… Plongez l’adversaire dans d’inextricables épreuves. Lorsque l’ennemi est uni, divisez-le.”

“La meilleure politique guerrière est de prendre un État intact… Il faut plutôt subjuguer l’ennemi sans donner bataille ; tel est l’art de la stratégie victorieuse.”

“Un habile général sait l’art d’humilier ses ennemis sans répandre une goutte de sang, sans tirer même l’épée ; sans mettre les pieds dans les royaumes étrangers, il trouve le moyen de les conquérir sans opérations.”

“Vous profiterez de la dissension qui surgit chez vos ennemis pour attirer les mécontents dans votre parti en ne leur ménageant ni les promesses, ni les dons, ni les récompenses.”

Et enfin : “La victoire est le principal objectif de la guerre.”

Les Européens, coincés entre la taqiya islamique – la dissimulation – et la très possible rouerie de la Turquie, ont tout intérêt à analyser avec grande précision les termes du marché qu’ils s’apprêtent à passer avec le futur ex-Empire ottoman, sous peine de se faire rouler dans le loukoum.

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