Editoriaux - Justice - Politique - Presse - Table - Tribune - 2 août 2016

« Erdoğan est un héros de la démocratie »

« Erdoğan est un héros de la démocratie » : c’est une pancarte brandie durant l’imposante manifestation conquérante pro-Erdoğan à Cologne, dimanche dernier. Oui, c’est une certitude, le sultan du Bosphore est « un héros de la démocratie », puisqu’il se sert de la démocratie contre nous. Pour nous escroquer, nous mentir avec son « attaque sous fausse bannière », ce « coup d’État » contre lui, qui ne vise qu’à asseoir son pouvoir par le chantage, la violence, l’intimidation et la mort. C’est ce que croit savoir Die Welt.

Devant une Europe qui ressemble à un gruyère, à cause de la mollesse des caciques, il a beau jeu de nous faire un chantage récurrent à l’invasion migratoire. C’est bien ce qu’annonce son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, en date du 31 juillet dernier au quotidien Die Welt. Çavuşoğlu prétend que « si la Turquie a pris des mesures sérieuses », en particulier contre les trafiquants, « ceci est étroitement lié à l’obtention des visas pour nos populations, cette obtention qui fait l’objet de nos accords du 18 mars ». Le ministre ajoute assurer que cela n’est pas une menace. Ah ?

Et voilà le scénario de la conquête islamique version Bosphore, écrit et récité à qui veut l’entendre. La même version que l’algérienne, anticipée par Boumédienne du haut de la tribune de l’ONU en 1974. La seule à ne pas comprendre, c’est Angela Merkel, qui persiste et signe dans sa folle politique. Le danger qu’elle représente s’est illustré par la méga-marche, samedi 30 juillet à Berlin, dont le nombre de participants fut bien entendu minimisé par la presse allemande. Heureusement que la presse anglo-américaine et russe viennent rétablir à peu près la vérité, quand la française reste dans la dissimulation de l’information.

Tout cela vient après que le sultan fut interdit d’intervenir en direct par vidéo durant la manifestation de conquête islamique de samedi. Ankara déclare aujourd’hui, selon Die Welt toujours, qu’avoir interdit Erdoğan de parole est « une honte pour la démocratie ». Sur Twitter, le ministre de la Justice, Bekir Bozdağ, a estimé sans rire : « Il est désormais inacceptable que l’Allemagne ouvre la bouche, face à la Turquie, pour parler de démocratie, état de droit, droit de l’homme et liberté. »

Devant un Occident efféminé, tout est permis. Montrer ouvertement sa force sur le territoire à conquérir, insulter, distordre la démocratie pour mieux nous abattre, faire du chantage à l’immigration pour que davantage de Turcs se rendent dans les territoires à conquérir en passant par l’Allemagne quand, sur les rives du Bosphore, on arrête, torture et tue tous opposants, journalistes, intellectuels, que l’on monte des attaques sous fausse bannière pour asseoir son pouvoir par la violence et la mort.

À cause de la funeste Angela Merkel, les grands événements géopolitiques qui concernent notre avenir se passent en Allemagne, notre absence est criante. Il est temps qu’il y soit donné un coup d’arrêt net. Aussi bien par les Allemands que par ceux qui viendront au pouvoir en 2017, chez nous en France.

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