De deux gauches irréconciliables à deux gauches en guerre, il n’y a qu’un pas que Manuel Valls a manifestement franchi. Après son échec au premier tour des primaires de la gauche, où il termine second derrière Benoît Hamon, l’ancien Premier ministre est aujourd’hui acculé et doit, pour espérer pouvoir l’emporter dimanche soir prochain, utiliser l’artillerie lourde.

C’est ce qu’il a commencé à faire, dès le soir du 22 janvier, en dénonçant, à peine les résultats connus, l’irresponsabilité et l’infaisabilité du programme de son concurrent. Et d’attaquer, bille en tête, sur la mesure économique phare de son challenger : le revenu universel.

Mais loin de s’en tenir là, Manuel Valls dégaine à nouveau en ce début de semaine et attaque le député de Trappes sur ses positionnements, pour le moins ambigus, vis-à-vis de l’islam. Il faut reconnaître qu’avec ses propos sur les cafés dépourvus de femmes à Sevran et ses positions molles sur l’islamisme et le communautarisme, Hamon a donné le bâton pour se faire battre. Alors, bien entendu, l’intéressé a réagi, en déclarant notamment que lui, élu de banlieue, “ne combattait pas le communautarisme que par des mots”.

Le problème, c’est que pour croire à cet argument, il faudrait trouver dans le programme du candidat trappiste à l’élection présidentielle des mesures venant accréditer ses dires. Or, qu’y trouve-t-on ? L’affirmation surprenante que la France disposerait déjà de l’arsenal pour pouvoir lutter efficacement contre le terrorisme. Qu’il faudra mettre en place une “véritable” police de proximité. Qu’il faut revenir aux inutiles comités départementaux de sécurité et de prévention de la délinquance. Qu’il conviendra, dans une totale confusion des genres, d’élaborer une loi de programmation sécurité/défense et porter le budget de ces deux institutions à 3 % du PIB.

Si l’on ajoute à cela la mise en place du récépissé lors des contrôles d’identité et la légalisation du cannabis, on s’aperçoit bien vite que “le petit Ben” n’a décidément rien compris aux enjeux sécuritaires à venir.

Pour être plus précis encore, force est de constater qu’aucune mesure prévoyant de lutter contre le communautarisme et l’islam radical, comme la fermeture des mosquées radicalisées ou l’expulsion de prêcheurs radicaux, n’est présente dans son argumentaire de campagne. Alors, évidemment, de là à penser qu’il y aurait de la complaisance… le pas est aisé à franchir.

Certains de ses amis au PS, tel le député de l’Essonne Malek Boutih, ne s’en privent d’ailleurs pas et dénoncent la “laïcité soupe” et les “calculs” du finaliste de la primaire. Et, de fait, élu dans une circonscription comportant un nombre important d’électeurs musulmans, il ne faudrait pas hypothéquer l’avenir. Ne pas être élu président de la République, passe encore ; mais de là à perdre bêtement son siège de député…

Cela étant, ces lacunes, d’une extrême gravité pour le pays, et révélatrices du piètre niveau de certains de nos candidats à la magistrature suprême, se retrouvent également chez le chouchou des sondages. Ainsi, hormis quelques mesures passe-partout sans intérêt opérationnel pour la sécurité de notre pays, n’évoque, lui non plus, à aucun moment, dans son préprogramme, les problématiques liées à l’islamisme ou au communautarisme.

Sous les coups de boutoir de notre matamore barcelonais, c’est donc bien à la mort du PS que nous risquons d’assister, en direct, dimanche soir. Et ça n’aura pas été la moindre de ses contributions.

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