À gauche, rien de nouveau ! pourrait-on dire des programmes respectifs de Manuel Valls et Benoît Hamon en matière d’éducation.

Il faut reconnaître qu’ils ont des excuses. Benoît Hamon fit un passage éclair rue de Grenelle, du 2 avril au 24 août 2014, n’effectuant même pas sa première rentrée. Les mauvaises langues prétendent que le short était trop grand pour lui. Sa mission ? Veiller à la bonne application de la loi de 2013, en désamorçant deux bombes à retardement que son prédécesseur (Vincent Peillon) lui avait léguées : la réforme des rythmes scolaires et les ABCD de l’égalité.

Quant à Manuel Valls, plus fort en gueule qu’en actes, il ne s’intéresse à l’enseignement que pour nommer, en remplacement de Benoît Hamon justement, Najat Vallaud-Belkacem, la pasionaria de l’éducation dont on connaît les exploits. Solidaire du gouvernement depuis le début du quinquennat, malgré des manœuvres en sous-main, il ne peut qu’assumer, comme son rival, son bilan.

Comment s’étonner, dans ces conditions, que les deux finalistes de la primaire fassent preuve d’un tel manque d’inventivité ? Comme des perroquets, ils se contentent de répéter des formules creuses ou des évidences, accommodées à la sauce pédago-idéologique.

On a donc droit à la priorité pour le primaire, à la valorisation de l’enseignement professionnel, objectifs maintes fois annoncés et jamais mis en œuvre ! Ou encore à la lutte contre les inégalités, à la mixité sociale, tartes à la crème de bobos qui se garderaient bien de mettre leurs enfants dans un collège ordinaire. Au développement de l’éducation artistique et culturelle, au droit à la formation continue tout au long de la vie : longue litanie de promesses jamais tenues !

Se voulant original, Manuel Valls souligne l’importance de la maîtrise de la langue française – quelle découverte ! – tandis que Benoît Hamon, tel un Hollande en campagne, propose de créer 40.000 postes d’enseignants.

La pauvreté de leurs propositions s’explique. Ni l’un ni l’autre n’ont de pensée réfléchie sur l’enseignement : ils laissent le soin de penser aux gourous de la pédagogie. Mais, surtout, ils évitent d’aborder les sujets trop sensibles. Ils se sont déjà mis à dos une grande partie des professeurs et de l’opinion publique : ils ne vont pas leur donner du grain à moudre pour se faire encore taper sur les doigts !

Rêvons un peu. Si seulement ils avançaient une parole nouvelle, s’ils faisaient acte de contrition, s’ils dénonçaient la réforme du collège, les excès de l’égalitarisme, s’ils réhabilitaient l’effort et le mérite ! Au moins surprendraient-ils agréablement. Mais non ! Ces esprits prétendument éclairés ont sombré dans l’obscurantisme. Comme des fanatiques, ils sont incapables de se libérer de la doxa et de penser par eux-mêmes.

Il reste bien, à gauche, quelques résistants, pour défendre, comme Jean-Pierre Chevènement, un « élitisme républicain » : mais n’est-ce pas une espèce en voie de disparition ?

25 janvier 2017

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