Editoriaux - Histoire - International - Politique - Table - 7 janvier 2017

Ennemi public numéro 1 : madame Le Pen ou monsieur Fillon ?

Je ne suis pas frontiste. Que voulez-vous, personne n’est parfait. Mais les attaques permanentes d’une gauche belliqueuse et arrogante sur madame Le Pen et son parti finissent par provoquer, chez moi et d’autres, une vive aversion, tant la méthode discursive est limitée à une caricature, laquelle s’avère au final être contre-productive.

78 ans après la Seconde Guerre mondiale, en quoi aujourd’hui est-il admissible que soit resservi à loisir le plat réchauffé du fascisme, de même que cet ostracisme permanent dont fait l’objet une partie des citoyens de ce pays ?

Aux dernières élections, un tiers de l’électorat a montré à quel point il n’accordait aucune crédibilité aux arguments fallacieux psalmodiés sur tous les plateaux médiatiques. Sans doute ce tiers-là s’apprête-t-il, d’ailleurs, à renouveler ce postulat aux présidentielles prochaines.

L’existence du Front national est légale et autorisée dans une démocratie et un État de droit, une opinion politique autre que celles des grands inquisiteurs du moment. Sauf si les grands inquisiteurs décidaient que la démocratie n’a de déclinaison qu’à gauche et que le seul droit autorisé est celui de se taire.

Dans les gènes de la gauche, la dénonciation de ses opposants passe par une vision manichéenne de ce qu’il est autorisé de penser. Faut-il rappeler à ceux qui jettent l’opprobre que les grands prêtres de ce diktat ont été Staline et Mao Tsé-toung, qui ont à leur actif de l’ordre de 75 millions de victimes chez leurs opposants ?

La « stalinosphère » peut bien se cacher derrière son doigt, mais comment ose-t-elle encore donner des leçons de vertu et d’angélisme politique lorsque son histoire en a fait une démonstration contraire. Ceux qu’elle appelle si « aimablement » la fachosphère lui renvoient-ils au visage cet effroyable passé autant qu’elle le fait elle-même ?

Il ne vient à l’idée de personne d’assimiler monsieur Mélenchon à Pol Pot. Dès lors, pourquoi est-il acceptable que l’on déclare sournoisement que toute idée de droite doit être imprégnée des idéaux du fascisme d’un autre temps ?

À cet égard, les prochaines élections, tant présidentielles que législatives, vont se jouer sur cette thématique et seront certainement les plus déroutantes auxquelles il nous sera donné de participer.

La droite va-t-elle sortir sa machine à perdre ?

Sous la Ve République, le pragmatisme et l’arithmétique font partie intégrante d’une élection. Il est donc clair que madame Le Pen ne peut être élue au premier tour, où il faut réunir la majorité absolue des suffrages exprimés. Dans un scrutin uninominal majoritaire à deux tours, à l’évidence elle sera au second, mais tout laisse à penser qu’elle n’obtiendra pas la majorité des voix au second. Sa revanche sera aux législatives !

La première question est : qui sera opposé à Mme Le Pen au second tour ? La seconde est : les Français sont-ils prêts à supporter une nouvelle fois un quinquennat socialiste ? (Pour autant qu’il serait au second tour, tant il part en ordre dispersé.)

Ou, en contre-pied, sont-ils prêts à confier la barre fragilisée du navire France au certes brillant, mais inexpérimenté Emmanuel Macron, 39 ans ? Ou encore au bretteur de talent qu’est monsieur Jean Luc Mélenchon, tribun de l’OCI (Organisation communiste internationaliste) ?

Quel choix s’offre alors aux Français, dans une France surendettée ? Jamais les champs du possible n’ont été aussi flagrants.
Dans ce droit fil, il est clair que la droite et, plus encore, les centristes peuvent ne pas voter pour le candidat naturel issu de leur primaire. Il leur appartient de s’éparpiller au premier tour, laissant la brèche ouverte à la gauche et renouvelant ainsi, cette fois, dans le camp opposé, une expérience cuisante vécue par monsieur Lionel Jospin.

Ce vote sera-t-il une nouvelle fois celui, non pas d’un choix « pour », mais d’opposition à un candidat ?

Autant de questions dont la réponse est de la responsabilité de chacun et nous engagera tous pour cinq ans au matin du lundi 8 mai 2017.

À lire aussi

300 à la fidélité gyroscopique

M. Fillon n’est pas sorti de l’auberge. …