Le 20 août, le Parlement turc a ratifié l’accord de normalisation des relations avec Israël, mettant ainsi en vigueur l’accord du 28 juin dernier.

Dans cet Orient compliqué, issu du dépeçage de l’Empire ottoman par les Anglais et les Français et déstabilisé après la Seconde Guerre mondiale, il est urgent de reprendre le chemin de la diplomatie et non de l’ingérence.

Depuis 1945, l’ONU, soutenue par le FMI et la Banque mondiale, inflige des punitions sans prendre en compte les aspirations des peuples auxquels l’Occident a imposé un découpage de frontières niant les ethnies, les religions et les cultures.

Pourtant dégoulinante d’un pseudo-humanisme, l’ a pondu plus de résolutions coercitives qu’elle n’a résolu de problèmes.

Haïssant les nationalismes, qui avaient au moins le mérite de créer une unité au sein des frontières de ces États nouveaux, elle a soutenu les changements de régime contre des chefs d’État dont le tort était de privilégier les intérêts de leur pays.

Nous ne pouvons que louer cette volonté d’échanges entre ces deux pays. Ils sont à même d’apporter de la stabilité dans l’ensemble de la région, pour peu qu’ils ne se laissent pas entraîner par les sirènes atlantistes.

L’influence grandissante de la Russie dans la région a permis de revenir à un principe essentiel pour stabiliser cette région et éradiquer le terrorisme.

Il s’agit du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays. Nous avons suffisamment observé les tragiques conséquences des changements de régime pour louer cette prise de position.

C’est au peuple seul de décider de la nomination de ses dirigeants ainsi que de déterminer la structure constitutionnelle, législative et de son pays.

Le président Erdoğan, quels que soient ses défauts, est soutenu par son peuple, il en tire une légitimité incontestable. Avec la tentative de putsch, il a compris combien l’ingérence euro-atlantiste pouvait être néfaste pour son pays.

Israël et la ont fait un pas important en permettant à la diplomatie de reprendre son activité. Pour ces deux pays, la tâche la plus difficile pour aller vers la concorde va être de s’émanciper de la tutelle oppressante des USA.

Tout porte à croire que les pays du reviendront à la géographie pour se rendre compte qu’ils sont sur le continent asiatique. Leur avenir se trouve à l’Est, où ils trouveront des soutiens diplomatiques et économiques sans être aliénés.

George Bush, dans une pseudo-croisade, a contraint de nombreux pays à choisir entre le bien et le mal. À y regarder de plus près, il proposait un mal (le chaos) ou un autre mal (la soumission aux USA).

Israël et la Turquie, par le dialogue, le respect et l’empathie sont à même d’apporter la paix dans la région, notamment en Syrie.

L’impératif, pour ces deux nations qui s’engagent dans cet important processus diplomatique, va être de ne pas se réconcilier sur le dos de pays tiers.

22 août 2016

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