5.745 migrants irréguliers de plus en 11 semaines : c’est le record du nombre sans précédent que la Sicile a le malheur de détenir en ce début d’année 2014 ! Soit 15 fois plus en un seul premier trimestre que l’année précédente, ainsi que Marie d’Armagnac le rapportait voici peu sur ce site – « Sicile : le Camp des saints, c’est maintenant ! » –, indiquant au passage ce que coûtait chaque émigrant aux Italiens…

Mais si le contribuable italien n’y trouve pas son compte, il en va différemment pour le laboratoire pharmaceutique Sanofi Pasteur MDS qui va fournir 4.000 doses de vaccin au plus grand centre d’accueil de demandeurs d’asile d’, celui de Mineo en Catane, une province de la Sicile.

La conseillère régionale à la Santé, Lucia Borsellino, a en effet signé un accord avec la directrice générale de Sanofi Pasteur MSD, Nicoletta Luppi, et le président régional de la Croix-Rouge italienne, Rosario Valastro, pour « plusieurs milliers de doses de vaccin contre la typhoïde et d’un millier de tests tuberculiniques à utiliser sur les migrants du centre, fournis, via la direction régionale de la Santé, par Sanofi Pasteur à la Croix-Rouge de Sicile, chargée de la gestion sanitaire du CADA [centre d’accueil de demandeurs d’asile] de Mineo », dénonce Antonio Mazzeo sur le site tlaxcala-int.org.

La vaccination de masse, contestable pour beaucoup, s’avère également dangereuse, chaque organisme réagissant différemment à un même principe actif : « On ne peut pas envisager de vacciner indistinctement hommes, femmes et enfants, chacun(e) ayant sa prédisposition ou sa résistance spécifique. En outre, la logique même de l’ensemble du projet est viciée à la base : s’il y a des cas de typhus/typhoïde à Mineo ou si on en craint l’éventualité, il faut fermer la structure, au lieu de vacciner en masse ceux qui y vivent contre leur gré », ajoute Antonio Mazzeo. 2

Rappelons que Sanofi Pasteur, géant de l’industrie pharmaceutique – quelque 13.000 salariés, 13 sites de production et de recherche –, est la seule entreprise européenne entièrement consacrée à ce secteur sur le continent ; elle a de fait le monopole de la production et de la distribution de vaccins.

Les demandeurs d’asile débarquant en Sicile seraient-ils transformés en cobayes ? Si l’argent n’a pas d’odeur et la misère humaine pas de frontières, joint-on l’utile à la migration en se servant des demandeurs d’asile comme chair à tests et expérimentations ?

Notes:

  1. Le vaccin contre la typhoïde Typhim, principalement destiné à l’exportation, est fabriqué par Sanofi Pasteur MSD sur son site de Marcy-l’Étoile près de Lyon. L’entreprise avait décidé, en septembre 2012, de retirer deux lots de vaccins après avoir découvert « des concentrations antigéniques hétérogènes », c’est-à-dire des doses ne permettant pas, dans certains cas, de produire suffisamment d’anticorps après l’injection. En juin 2013, le laboratoire a arrêté temporairement la distribution du vaccin après la découverte d’une contamination bactérienne sur un des composants (www.tlaxcala-int.org).
  2. Le vaccin contre la typhoïde Typhim, principalement destiné à l’exportation, est fabriqué par Sanofi Pasteur MSD sur son site de Marcy-l’Étoile près de Lyon. L’entreprise avait décidé, en septembre 2012, de retirer deux lots de vaccins après avoir découvert « des concentrations antigéniques hétérogènes », c’est-à-dire des doses ne permettant pas, dans certains cas, de produire suffisamment d’anticorps après l’injection. En juin 2013, le laboratoire a arrêté temporairement la distribution du vaccin après la découverte d’une contamination bactérienne sur un des composants (www.tlaxcala-int.org).
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