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Editoriaux - Médias - Société - Tribune - 8 avril 2016

En réponse à une tribune d’Élise Elisseievna

Élise Elisseievna assimilait ici, le 22 mars, toute critique de la polygamie ou de l’inceste – telles celles émises par le cardinal Barbarin ou Marion Maréchal-Le Pen – à une homophobie larvée ou affirmée ; laquelle ferait dire que les “les gay s’enculent… [qu’]ils sont des pervers, des malades… enclins à la violence”.

On aura beau chercher dans les écrits ou interviews des précités, on n’y trouvera pas telles pensées manquant de toute charité. Quant à réprouver la polygamie ou l’inceste, ce n’est en l’espèce que valoriser des mœurs sanctionnées par la morale et la loi de notre société.

Aussi, traduire les propos de Marion ou du cardinal en les assimilant à des éructations triviales dignes d’un beauf un soir de paye ou de licenciement, ou de beuverie d’un marin avant d’embarquer pour Terre-Neuve, peut être perçu comme relevant d’une certaine malhonnêteté. Chère Élise, si ces comportements dépravés peuvent advenir dans la tête d’untel, saoul, pervers ou malade, dès lors que les jugements que vous inventiez ne sortent pas de la bouche, la plume ou le vécu d’autrui dans sa fonction ou en privé, leur prêter icelles condamnations relève d’une très évidente calomnie.

Vous poussiez plus avant une analyse toute faite de clichés ; et c’est inhabituel chez vous ! Ainsi, le regard des autres serait ce qui contraint les homosexuels à la séparation. Étranges amours qui se déliteraient dès lors qu’elles sont soumises à une vindicte aussi silencieuse qu’illégale… Contre des mœurs pourtant amplement valorisées dans les médias ! Bien ténus tels attachements que le regard d’autrui parviendrait à distendre. Non, Élise ! Malheureusement, non ! Nous aimerions parfois qu’une simple désapprobation in petto suffise à ramener autrui à meilleur comportement, mais accuser ceux qui conservent ces pensées au for interne d’être causes de la fin de certains couples est médisance. À moins, bien sûr, que vous ne vouliez formater la pensée de tout un chacun jusqu’à ce que, zombies et lobotomisés, nous pensions comme vous (?) et tant d’autres le voudraient.

Pour finir, vous affirmez que la considération sociale favorable au mariage homo existerait alors qu’elle serait absente à l’endroit de la polygamie et de l’inceste :
– Soulignons tout d’abord la contradiction d’accuser le corps social d’être cause de l’instabilité des couples homos puis de dire qu’il existe (existerait ?) bel et bien une reconnaissance sociale des susdites unions !
– Faut-il rappeler, également, que la revendication sociale envers la pédophilie fut clairement exprimée par les Polac, Matzneff, Mitterrand et autres Cohn-Bendit dans les décennies 70 et 80, sans que l’on vît le ministre de la Jeunesse ou celui de l’Éducation prendre envers ces pervers la moindre mesure d’éloignement des médias et des responsabilités.
– Qui plus est, est-on si sûr qu’un consensus social favorable à la polygamie soit absolument absent de certains esprits, récemment français ?

Chère Élise, après vous avoir soutenue sur d’autres de vos écrits, il semblait impossible de laisser passer cette fois votre analyse.

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