En marche vers la présidentielle, se sent pousser des ailes et promet des lendemains qui chantent. Il n’a pas encore de programme mais, déjà, on doit s’inquiéter, tant ses antécédents laissent redouter le pire en matière de Défense nationale.

En effet, comment peut-on envisager de porter à la présidence de la République un candidat aussi peu conscient des intérêts supérieurs de la nation qui, alors qu’il n’était encore que ministre de l’Économie, a porté des coups fatals à l’indépendance de la France.

En décembre 2015, en dépit du fait qu’Arnaud Montebourg, son prédécesseur, s’y était opposé, le jeune Macron a donné son blanc-seing au protocole de vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, son concurrent américain. Cette activité était l’un des plus beaux fleurons de l’industrie française, particulièrement en pointe dans le domaine nucléaire. La filière nucléaire française, pôle d’excellence s’il en est, n’est donc plus, depuis quelques mois, que la filiale d’un groupe américain.

Outre qu’elle est une très mauvaise affaire sur le plan économique (sauf pour les actionnaires), cette opération a un impact désastreux sur la Défense nationale. Au nombre des réacteurs concernés par cette vente figurent, bien évidemment, ceux qui équipent les navires à propulsion nucléaire de notre flotte de guerre. S’en remettre à l’étranger pour assurer le maintien en état de son arme la plus redoutable, voilà qui est stupéfiant. Très inquiétant, même, provenant d’un candidat à la présidence de la République.

Certes, dans l’immédiat, tout ira bien tant que nous serons dociles - “compliant”, comme on dit outre-Atlantique. Toutefois, il n’est pas interdit de se demander ce qui se passerait en matière de maintenance si la politique française s’écartait par trop de la ligne voulue par les États-Unis. Bénéficierions-nous d’une quelconque priorité pour les approvisionnements ?

Notre dissuasion n’est d’ores et déjà plus sous complète maîtrise nationale. Rien que cela !

L’indépendance nationale dont nous pouvions être fiers, fruit du travail de nos meilleurs scientifiques, ingénieurs et ouvriers, acquise patiemment au prix d’efforts soutenus pendant un demi-siècle, n’est plus qu’un leurre, mais ce n’est malheureusement pas tout.

En guise de cerise sur ce gâteau offert aux Américains qui n’osaient en rêver était déposée une petite filiale, Alstom Satellite Tracking System, seule société non américaine spécialisée dans le repérage et le suivi des satellites. Inutile de dire toute l’importance, pour un pays, de posséder un tel outil totalement indépendant. Évidemment, notre renseignement d’origine satellitaire passera désormais nécessairement par des yeux américains. Peut être voudront-ils bien nous dire à quel moment les sous-marins lanceurs d’engins peuvent quitter la rade de Brest sans risque d’être détectés par un satellite d’observation.

Au passage, on peut se demander ce que faisait Jean-Yves Le Drian, qui se targue d’avoir développé les capacités françaises de renseignement, alors qu’avec cette pépite, on bradait tout un pan de notre indépendance dans ce domaine.

était à bonne école. Son bref passage au ministère de l’Économie a montré qu’il raisonne comme un commis d’affaires pour lequel une opération chasse l’autre à la satisfaction du monde de la finance. Inconscient des conséquences de ses décisions, il agit comme un banquier, pas comme un homme d’État.

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14 février 2017

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