Émeutes lycéennes : quand les quartiers privilégiés se posent en victimes

En banlieue parisienne, une certaine jeunesse dénonce l'abandon de l'État, malgré les privilèges qui lui sont accordés.
capture X
capture X

Tirs de mortier, incendies, saccage de mobilier urbain, agressions visant les policiers : les violences lycéennes se poursuivent en Île-de-France. En Seine-Saint-Denis, des élèves de plusieurs établissements manifestent depuis lundi 21 septembre. Certains commettent des exactions, d’autres portent des revendications qui s'accompagnent d'un discours victimaire déjà bien rodé. « On est déçu, affirme une jeune élève du lycée Paul-Éluard. La seule chose qu'on demande, c'est qu'on se fasse respecter et que tout citoyen français ait le droit à l'éducation. » Ses camarades réclament « plus de budget pour nos lycées en Île-de-France » ou dénoncent des conditions d'enseignement comparables à celles d'un « élevage ». À les écouter, le constat serait identique dans tous les établissements du département : « Dans tous les lycées du 93, c’est pareil : on est délaissés. »

Dépêché au lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans le Val-de-Marne, le député LFI Louis Boyard a pris la défense de cette jeunesse prétendument « oubliée et méprisée » par l’État français. « Leur problème, c’est pas l’abaya. Leur problème, c’est qu’ils sont à 35 à 38 dans des classes ! Ils n’ont pas de prof de SVT, pas de prof de maths, pas de prof de français, depuis des mois ou des années », a lancé l’élu, face caméra, avant de haranguer la foule aux cris de « Mélenchon ! Mélenchon ! Mélenchon ! »

Une victimisation malhonnête

Invité sur BFM TV ce 28 septembre, le ministre de l'Éducation nationale a opposé un démenti cinglant à ce discours. Il a rappelé les chiffres des investissements publics, contredisant ceux qui prétendent que l'État abandonnerait les élèves de banlieues. « Dans le premier degré, au niveau des écoles, le coût d’un élève en Seine-Saint-Denis par rapport à la moyenne nationale, c’est 13 % de plus. Cela veut dire qu’on investit 13 % de plus par élève en Seine-Saint-Denis par rapport à la moyenne nationale. » Dans les lycées, l'effort est également supérieur à la moyenne nationale. Alors que les classes comptent, en moyenne, 30,5 élèves en France, elles en accueillent 28,6 en Seine-Saint-Denis. « Certains voudraient faire croire que l’État délaisse les élèves de certains territoires. Les faits disent le contraire », a ainsi démontré Édouard Geffray.

Présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse a elle aussi rappelé les sommes considérables engagées par la collectivité en faveur des cités. Après les dégradations commises lors des manifestations, elle a annoncé son intention de présenter au maire LFI Bally Bagayoko la facture des réparations. « Les Français ne veulent plus payer des impôts pour réparer ce que des casseurs, chauffés à blanc par LFI "qui juge la violence légitime", ont saccagé ! », a-t-elle tweeté. Et l’élue LR de rappeler que le lycée Paul-Éluard venait, précisément, de bénéficier d’une « rénovation complète » au coût pharaonique de 45 millions d'euros…

Les cités contre la France des campagnes

Mais le véritable scandale est peut-être ailleurs. Pendant que les quartiers de banlieue parisienne réclament toujours davantage d’argent, la « France périphérique » de Christophe Guilluy subit, elle, un abandon bien réel de la puissance publique. Un rapport publié en 2023 par l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable révélait ainsi que les ressources consacrées aux dépenses de fonctionnement par habitant dans les territoires ruraux représentent environ 65 % de celles des territoires urbains. Les frais de personnel par habitant y sont presque deux fois moins élevés. Fin 2024, une étude de l'INSEE indiquait qu'un habitant sur trois des territoires ruraux avait des difficultés d'accès à un médecin généraliste. Dans ces zones où le chômage et le décrochage scolaire deviennent endémiques, les habitants voient disparaître les services publics mais n'ont pas pour habitude de brûler des voitures pour exprimer leur désarroi.

Les revendications budgétaires, formulées cette semaine au milieu des violences et des dégradations, illustrent une nouvelle fois la propension de certaines banlieues à se poser en victimes d'un État qui, pourtant, leur consacre déjà des moyens importants.

Picture of Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

66 commentaires

  1. Vous êtes sûr que le reportage de l’humanité est en France? J’ai un gros doute… « De les faire bâcler » ça se dit, c’est bizarre, ça sonne pas français non plus! Apprendre à parler une langue c’est pas du niveau primaire?

  2. CLO
    j’ai 80 ans, en 68 j’étais élève pilote à clermont ferrand et nous montions la garde la nuit pour protéger notre école de la furie des « michelins » On était jeunes on croyait tout.
    mais aujourd’hui j’ai vu décroître la france et je me souviens.
    si il n’y a plus de pavé certains politiques fournissent aux jeunes le mode d’emploi de la révolution avec des artifices et des allumettes.
    un parti parle de changer la constitution et créer une autre république.
    ils veulent leur mai 27 pour prendre le pouvoir.
    le plus grave c’est que les politiques en place ne font rien pour les contrer.
    francais de souche ou pas réveillez vous pour sauver notre chère france pour nos enfants.

  3. Mais tout un chacun comprend que ces jeunes sont dans le désarroi : ils n’ont pas assez de profs, pas assez de maths, de français et autres, et ils veulent s’instruire, la preuve ils brandissent le drapeau de la palestine … pour la géographie

    • Ils ont un emploi du temps de ministre avec des trous de trois heures les pauvres châtons. Personnellement tant qu ils casseront, je n aurai aucune empathie pour eux. LFI sont là pour celà. Ils vont dans différents lycées pour les chauffer à bloc afin que la pression ne redescende pas

  4. Des conditions d’enseignement comparables à celles d’un « élevage ».???
    Dans un élevage qui se respecte, une des finalités est d’améliorer la qualité du cheptel !
    Cherchez l’erreur…

  5. Envie de pleurer, juste quand « ces jeunes » s’expriment !
    Je viens de lire que Matignon « estime » que LFI et ses proxys sont à l’origine du mouvement qui a basculé en « violences urbaines » … et maintenant qu’ils ont « constaté » que compte faire le gouvernement ???…

    • Rien comme d’hab. Constater, discourir, pleurnicher, trouver des responsables, et s’assoir sur les poursuites et responsabilité
      Pas de vagues, et surtout pas de stat qui risquent d’effrayer la populace.

  6. S’ils manquent d’enseignants, c’est peut-être qu’aucun professeur ne veut risquer sa peau en allant enseigner dans ces établissements…

  7. Ce que veulent les lycéens, c’est le bac sans avoir rien foutu. Et même, la fermeture des écoles, comme au Ve siècle…

  8. Je me demande si certains « juristes » ou bien l’état profond n’auraient pas demandé au maire de St-Denis d’énerver les lucéens afin que les étudiants et les casseurs se joignent aux protestations afin que « qui vous savez » puisse réclamer les pleins pouvoirs.

    • Je ne pense pas qu’il en soit à ce genre d’idée. Par contre, il est quasi certain que les marionnettistes de LFI, et son gourou, sont derrière ces débordements ! Il suffît d’entendre sieur Boyard s’exprimer sur le sujet.

  9. Ils seraient mieux inspirés d’apprendre à lire, écrire et compter, mais aussi à développer leurs connaissances en sciences et culture, pour nous faire remonter dans le classement PISA.
    J’ai étudié dans un vieux lycée qui portait le nom de Chanzy , l’autre Lycée appelé Monge -fondateur de polytechnique à Mézières-, était plus moderne que mon vieux lycée mais moins bien noté. Cela tenait aux élèves et à la qualité des enseignants.
    Le toujours plus de moyens est une excuse et une impasse

  10. C est terrible ce qui se passe ce matin au niveau des lycées. Qu attend on pour faire intervenir d autres forces en plus des policiers. Ils brûlent des lycées et demandent que les étudiants des fac les rejoignent. Faut il attendre des drames. C est l extrême gauche qui les pousse. Je n ai pas entendu les socialistes dire que ce n était pas un mode de communication. Bardella et Retailleau ce sont exprimés. C est très inquiétant.

  11. Avons nous le droit de laisser des mineurs sous influence aller dans la rue Pour tout casser ?
    Personnellement, je me fiche du motif.

  12. que la police arrête les cagoulés casseurs : qui sont-ils ? la jeune garde ?
    on pourrait avoir des surprises sur leurs identités…….des élus ?
    et tous les directeurs d’établissements d’enseignement qui soutiennent et envoient leurs élèves à la casse soient relevés de leurs fonctions sur le champ : chaos pour chaos, autant que ce soit dans le bon sens. Conseil de discipline et radiation de l’enseignement, qu’ils aillent dispenser leurs « compétences » ailleurs

Les commentaires sont fermés.

Les fautes sur les pancartes résument tout l’échec de l’Éducation nationale