Émeutes lycéennes : « la peur d’un nouvel embrasement » pèse sur les forces de l’ordre
Plus les jours passent, plus les violences que l’on voit proliférer partout en France s’intensifient. Pour contenir les émeutes des lycéens en mal de sensations fortes, les forces de l’ordre sont envoyées en première ligne de cette agressivité qui n’a plus rien d’enfantin.
Déblocage du Centre Malesherbes de la Sorbonne par la @CocardeEtud ce matin. pic.twitter.com/5CLrhMgWpw
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) October 2, 2026
Policiers et gendarmes en première ligne
Ce jeudi 1er octobre, dans le XXe arrondissement de Paris, une jeune policière stagiaire de la préfecture de police a été pourchassée par des lycéens, alors qu’elle se trouvait isolée, et plaquée au sol, avant d’être battue à coups de pied. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que « les auteurs de cette agression seront retrouvés et poursuivis en justice ».
À Belfort, un policier haut gradé en civil a, à son tour, été victime d’un lynchage par un groupe de jeunes alors qu’il se trouvait au sol, des coups de pied lui ayant été sévèrement infligés à la tête. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique.
À ce stade, le bilan de ces émeutes est déjà très lourd pour les forces de l’ordre, qui « sont à bout », comme en témoigne l’une d’elles auprès de Boulevard Voltaire : 305 policiers et gendarmes ont été blessés dans les affrontements, alors que les casseurs utilisent mortiers d’artifice, bombes lacrymogènes, marteaux, barres en fer, battes de baseball ou encore cocktails Molotov, comme le relève Valeurs actuelles, s’appuyant sur les publications de plusieurs préfectures de police.
Des consignes reçues de ne pas répondre proportionnellement
Mais face à cet arsenal, très éloigné des simples feux de poubelles et de barricades qui constituent déjà un danger - un pompier a failli s’enflammer après l’explosion de l’une d’elles -, certains dénoncent le « laisser-faire » qui leur est imposé par leur hiérarchie face au danger que représentent certains manifestants. « Ce qu’on nous dit, c’est : ce sont des lycéens, on n’y touche pas », rapportait à Valeurs actuelles l’un d’eux, ce jeudi.
Des consignes qui ont été confirmées à Boulevard Voltaire et que dénonce la branche francilienne du syndicat de police Un1té, qui a saisi les directions en dénonçant la « mise en danger directe des policiers pris pour cible par les lycéens ». Dans certains équipages, les tirs de LBD (lanceurs de balle de défense) ont ainsi été proscrits, et plus généralement les armes de force intermédiaire. Sans compter la carence de munitions sur laquelle certains syndicats ont alerté.
« Il y a un gros décalage entre la violence sur le terrain et ce qu’on demande de faire aux forces de l’ordre pour la contenir », constate Me Lara Fatimi, avocate au barreau de Paris qui se bat contre les accusations de violence systémique au sein de la police. Les nombreux clients qu'elle défend sont ceux qui, à un moment ou à un autre, sur le terrain, ont dû faire usage de la force face à une situation qui leur semblait l'imposer. Alors, la pénaliste le sait, « priver les forces de l’ordre des moyens de répondre aux violences les met en danger et expose, par extension, les citoyens. Cela nourrit aussi l’usure, la frustration et le sentiment d’un abandon au sommet de l’État. »
L’effet post-Nahel
Il faut dire que depuis l’affaire Nahel, l’institution est sous pression. Militants antiracistes, partis politiques de gauche et d’extrême gauche, jusqu’à une certaine frange du monde médiatique, se sont alliés pour faire de la police l’image du bras armé d’un État répressif et raciste. « Le moindre usage de la force devient suspect : filmé, scruté, décortiqué, susceptible de donner lieu à une plainte et à des poursuites, souvent instrumentalisées par des collectifs et des élus d’extrême gauche mus par une volonté de chaos », abonde Me Fatimi.
« Depuis les émeutes de 2023, la peur d'un nouvel embrasement semble peser sur chaque décision de maintien de l'ordre et les leçons n’ont manifestement pas été tirées », juge celle qui redoute un rapport de force inversé. « La crainte d'un nouvel embrasement ne peut pas devenir une consigne de subir et les forces de l'ordre ne doivent pas servir de variable d'ajustement à la peur politique », avertit encore l'avocate, à qui un client policier confiait, récemment : « Au moindre débordement, la hiérarchie préférera qu'on recule et qu'on n'interpelle pas, plutôt que d'intervenir avec un usage de la force face aux émeutiers. »
« On manque nos leçons pour vous en donner une », écrivaient des émeutiers sur un bout de carton couvert de fautes d’orthographe et saisi par la préfecture de police de Paris. La seule leçon qu’auront apprise nos forces de l’ordre, ces derniers jours, c’est qu’en cas de crise, ils sont seuls. L’État, qui « n’assume et n’assure plus le rétablissement de l’autorité et de l’ordre qui peut nécessiter l’usage de la force », selon Me Lara Fatimi, préférera les laisser avec des moyens de défense restreints plutôt que de prendre la responsabilité d’endiguer avec proportionnalité cette violence si jeune, mais pas moins délétère, de ceux qui, hier, partaient de Nanterre pour mettre à sac la France et qui, demain, peut-être, iront devant l’Élysée, comme certains les y ont appelés.
Ritchy Thibault, l’ancien assistant parlementaire d’Ersilia Soudais, harangue la foule à Saint-Denis.
LFI s’était désolidarisé de Ritchy Thibault en raison de la virulence de ses propos. pic.twitter.com/oUUJGQnJsg— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) October 1, 2026







































59 commentaires
Où est passé mon commentaire ??
Comme les miens ! Nous devons déranger certains idéologues.
Ci dessous la suggestion formulée par Monic 29. ‘le 4 octobre à 11h15 exactement.
Combien parmi nous seraient ils susceptibles d’avoir écrit ces lignes ? Certainement une forte majorité des lecteurs de BV qui priivilégient la logique et l’ordre juste dans la gouvernance du pays !!!
Bonne journée
Je suis contente que ce manifestant ait pu se payer un avocat aussi célèbre et donc cher, il va pouvoir payer les dégâts que lui et ses camarades ont pu faire.
Je crois plus ce qui a été dit par cet intervenant sur ce média que tout ce qu’a pu être dit par les partis de gauche et même d’extrème gauche à l’époque et répété depuis à chaque manifestation.
Vous avez bien que la violence est le fait de la police .
CONSTITUTION ARTICLE 36: L’état de siège est décrété en Conseil des ministres. Sa prorogation au-delà de douze jours ne peut être autorisée que par le Parlement.
Pas besoin du Président qui, seul, décide de l’état d’urgence et de l’article 16 de la Constitution (pleins pouvoirs).
Qu’attendent nos pantouflards ?
Pas de consignes, ou peu claires, l’état de droit se dédouane, laxiste et peureux. L’état d’urgence est indispensable, voire l’état de siège pour que l’armée puisse intervenir.
Un président pervers, un ministre ectoplasmique, constat judicieux mais que faire de cette vacuité? LFI le fait dans la rue et les autres que font ils?
Je ne suis qu’un simple citoyen pourtant j’ai écrit, sur votre plateforme en juin que L.F. I lancerait son offensive dès la rentrée, la prétention de prendre le pouvoir par le vote si elle reste incertaine s’éloigne de plus en plus avec des sondages qui ne les donnent même pas au second tours, Mélanchon sait que c’est sa dernière chance d’être élu et ses sbires n’auront plus leur guide donc la stratégie c’est la révolution, nous allons assister à cet embrasement très inquiétant que nous aurons beaucoup de mal à stopper d’autant que au milieu de cette crise d’autres intérêts vont se greffer qui se cachent derrière L.F.I et qui n’existent que grâce à ce parti.
L’ordre de ne pas intervenir vient de l’Élysée. Macron veut justifier l’application de l’article 16 qui lui donnerait les pleins pouvoirs. Alors plus la situation se dégrade et plus il est content. Du côté de LFI, l’application de ce même article justifierait la guerre civile qu’ils appellent de leurs vœux.
Nunez suffit les bavardages, il faudrait maintenant un peu plus d’efficacité et surtout de la fermeté.
La peur d’un nouvel embrasement ne devrait pas peser sur les forces de l’ordre mais sur l’Etat !
Mais il semble aux abonnés absents ,et fait tout reposer sur les dernières barrières avant la sauvagerie , qui seront , illico , lâchées , si il y avait un drame du type de celui de Malik Oussekine en 1986 .
EMEUTES MALIK OUSSEKINE
Récemment, sur un media TV il a été dit que M Oussekine serait mort d’un arrêt cardiaque, – c’est à dire pas (directement) tué par la police.
Qu’en est-il exactement ?
C’est justement parce qu’on laisse faire qu’il y a embrasement
Pauvre France. Avec un président qui adore voir la France éternelle souffrir et un ministre qui n’est qu’un ectoplasme