Émeutes lycéennes : des organisations islamistes à la manœuvre ?

Drapeaux étrangers, slogans religieux, revendications pro-voile… les manifestations prennent une tournure identitaire.
Capture d'écran X
Capture d'écran X

« Wallah, tuez-la ! » La scène, filmée à Paris, est glaçante. On y voit une policière, poursuivie par plusieurs individus, être violemment agressée et frappée au sol. Les cris en référence à Allah accompagnent cette attaque, dont les images ont suscité de nombreuses réactions, notamment celle de Jordan Bardella. Le président du RN a dénoncé des images qui « illustrent ce qu'est devenue la France après des décennies de laxisme et d'immigration massive », avant de s'interroger : « Jusqu'à quand va-t-on tolérer cette barbarie ? Jusqu'à quand va-t-on laisser notre pays sombrer sans réagir ? »

Cette agression n'est pas le seul épisode troublant des mobilisations lycéennes. Sur une autre vidéo virale, un homme, visiblement plus âgé que les manifestants, revendique son soutien aux « petits frères », sur un registre communautaire. « Inch’Allah, ça va changer… vive l’Algérie », lance-t-il devant la caméra. À Marseille, certains élèves demandent à avoir désormais des plats halal à la cantine. À Sarcelles, on a vu un homme en qamis, coiffé d'une taqiyah, s'emparer du mégaphone lors d'un blocus de lycée. Son message aux jeunes ? « N’oubliez pas d’aller au jumu'ah », autrement dit à la prière du vendredi. Un appel accueilli par les applaudissements et les acclamations de la foule…

Autre élément récurrent : les drapeaux palestiniens, les slogans « Free Gaza » et les propos violemment antisémites, vus ou entendus lors de certains rassemblements étudiants. Des images qui ont dépassé les frontières françaises. Le lanceur d’alerte britannique Tommy Robinson a ainsi commenté, sur X, nos émeutes lycéennes : « Des écoles incendiées, sur lesquelles on a peint "Free Palestine" à la bombe, en France. Toujours les mêmes personnes... »

Des collectifs en lien avec la mouvance frériste ?

Derrière les mobilisations lycéennes, plusieurs collectifs proches de La France insoumise se sont également mobilisés. C'est notamment le cas de RED Jeunes, collectif d'ultra-gauche engagé contre « l'islamophobie » et « pour la jeunesse des quartiers ». Le 26 septembre dernier, Soumaya, l'un des visages du collectif, s’en prenait ainsi à la politique gouvernementale concernant le port de signes religieux à l'école : « Wesh Macron t’abuses ! T’arrives au lycée, on te demande de retirer ton voile. On n’a rien dit. Tu mets une robe longue, on dit que c’est une abaya et on te renvoie chez toi. On n’a rien dit... » On comprend entre les lignes que la patience de la jeune musulmane a atteint ses limites et qu’une remise en cause imminente de l’ordre établi nous pend au nez.

 

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Autre organisation partie prenante dans ces mobilisations : les Étudiants musulmans de France (EMF). Très proche, idéologiquement, de RED Jeunes, cette association a reposté, ce 1er octobre, un guide intitulé « Mobilisations lycéennes : un membre de votre famille a été interpellé ? Voici ce qu’il faut savoir ». Un autre élément « qu’il faut savoir » est qu’EMF serait la représentation jeunesse des Frères musulmans en France, comme l’a révélé le rapport gouvernemental publié en mai 2025 sur les Frères musulmans et l'islamisme politique en France…

Enfin, il y a aussi l’ingérence étrangère et les nuisances causées par certains influenceurs installés sur notre territoire. Nos confrères du Point se sont ainsi intéressés au cas de Shahin Hazamy, un « Franco-Iranien » dont les posts dénonçant de prétendues « violences policières » cumulent, ces derniers jours, plusieurs centaines de milliers de vues. Or, les vidéos partagées omettent un détail intéressant : cet homme est soupçonné d’être un agent d’influence du régime des mollahs et a déjà été condamné pour apologie du terrorisme. L’influenceur qui se présente comme journaliste a annoncé faire appel.

Face aux accusations, le député insoumis Antoine Léaument a réagi, sur X : « Maintenant, c’est la faute aux musulmans. Vivement qu’on sorte le pays de son ère fascistoïde. » Une réponse qui ne répond pas aux interrogations soulevées par les images des manifestations ni aux liens entre LFI et certains collectifs très problématiques.

Deux France face à face

Dans une vidéo publiée le 1er octobre, Éric Zemmour a livré une analyse bien plus large de ces événements. Pour le président de Reconquête, les violences en cours révèlent une fracture profonde de la société française. « En une semaine seulement, nous avons pu voir dans nos rues les deux France qui s’affrontent désormais sur notre sol. La première, à l’occasion de la venue du pape, a montré son visage le plus avenant […] Cette France-là est largement blanche, européenne, chrétienne, même si se sont agrégées à elle des minorités diverses [...], affirme-t-il. L’autre France montre depuis quelques jours un autre visage, toujours revendicatif, souvent vindicatif et parfois même violent. Cette France-là est africaine, arabe, musulmane, mais on retrouve des petits Blancs [...] qui ont adopté les codes de la banlieue. »

Ce constat n'est pas nouveau. Dès 2018, l'ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb mettait en garde contre le risque de voir les Français se retrouver un jour « face à face », après avoir constaté qu'ils vivaient jusque-là « côte à côte ». François Hollande avait, lui aussi, alerté sur le phénomène de « sécession » de certains territoires. Des avertissements que beaucoup n’ont pas voulu entendre.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

49 commentaires

  1. Zemmour a parfaitement raison. La visite papale avec une belle jeunesse pour l’accueillir et participer dans la joie et l’allégresse, puis dès le départ du pape, dès le lundi, les furies qui se répandent dans les rues, le tiers-monde revendicatif, les foules attisées par l’extrême-gauche, le macron qui s’en prend à Bardella comme si c’était une affaire d’Etat alors que le pays est de nouveau en feu. Au fait, tout ce qui se passe actuellement dans les rues et lycées, qui est derrière? On appelle Médiapart pour savoir ?

    • et sur le rôle de l’activisme rouge, se référer aux noms des lycées donne déjà une idée de l’ambiance et l’orientation de l’établissement. Paul Eluard, Pablo Picasso, Nelson Mandela, j’en passe et des meilleurs, on va bientôt avoir Tebboune, je présume.

  2. Bardella, ta patronne faisait l’avocate pour les clandos, maintenant pleures pas du résultat.
    « T’arrives au lycée, on te demande de retirer ton voile. On n’a rien dit. Tu mets une robe longue, on dit que c’est une abaya et on te renvoie chez toi. On n’a rien dit »
    Les bourges nous ont imposé l’immigration et on n’a rien dit. Ils ont promulgué des lois pour la protéger, pour la faire proliférer et on n’a rien dit. Ils pourrissent MON Pays et il faut toujours que je la ferme, sinon j’ai droit aux juges bourges.

  3. De toutes façons, là oû il y a LFI, il y a inévitablement ses alliés. Le public visé est le même et il s’agit donc de ne pas laisser les autres ramasser la mise. Les autres, quels autres ? Ceux avec lesquels au moins la tactique, et peut-être des convictions partagées, mais j’ai un doute sur ce point, amènent à collaborer. La méthode est simple et mise en application de façon rigoureuse : ne pas céder un pouce de teŕrain à l’allié occasionnel, ne pas se laisser déborder par lui, marcher toujours dans son ombre. C’est un absolu et total jeu de dupes, chacun le sait mais sait aussi que nécessité fait loi et qu’on verra après la victoire (espérée) ….. Notons que cette méthode n’a pas vraiment réussi aux communistes iraniens mais LFI fait comme elle veut …

    • Bonjour Anne Marie Castin. Ne sous-estimez jamais la part de démagogie qu’il y a chez nos gouvernants ! Elle est colossale, de même que leur envie de durer et de s’accroocher au pouvoir même quand on est désavoué par les électeurs dans trois élections successives (nous en avons un exemple tous les jours en ce moment et j’ajouterai qu’un certain Général aurait sans doute quitté le pouvoir pour moins que ça).

    • Bonjour Anne Marie Castin. A question simple, réponse simple. Que font ces étrangers en France ? Pour eux notre pays est clairement devenu une terre de mission. Donc, ils investissent le terrain et en grignote petit à petit de nouveaux territoires (que certains ont appelés lles quartiers perdus de lq République). Ils ne peuvent toutefois le faire que pcq notre état est faible et que pcq ses représentants vont à la pêche aux voix pour durer et sont prêts à les prendre où qu’elles soient. A nos risques et périls à mon avis. Mais ce risque civilisationnel s’efface devant la carrière de ceux qui qui ont choisi de faire une carrière (confortable et rémunératrice) dans la politique.

    • Il me semble avoir aussi vu des drapeaux de la CGT. Ce syndicat est-il financé par l’argent public pour détruire la France ? Il est plus d’urgent de faire une commission d’enquête sur le financement des syndicats et sur les missions pour lesquelles ils sont subventionnés. Si c’est pour faire de la politique, surtout en période de campagne électorale, cet argent public doit être comptabilisé dans le financement des campagnes

  4. Faut die que la gauche n’a rien appris de l’histoire, melenchon au lieu de se rêver en robespierre, devrait se souvenir du sort de la gauche en iran, 1 an après l’arrivée des mola, pas un n’était en vie…Melenchon vient de comprendre qu’au bout de la mèche qu’il a allumé, ce n’est pas un pétard mouillé, mais un tonneau de tnt.

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