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Editoriaux - Histoire - Internet - Sciences - Sport - Table - 9 août 2014

Des élus Front national sous haute surveillance

Un récent article paru dans Le Monde, sous le titre « “Dans les municipalités FN, la résistance s’organise”, expose les méthodes mises en œuvre par le Forum républicain, « l’un des comités de vigilance qui ont fleuri dans les onze villes raflées par le Front national en mars »…

Si les termes employés en préambule de l’étude publiée par le "journal de référence", qui rappellent les « heures les plus sombres de notre histoire », apparaissent prometteurs, la suite du texte ne décevra pas le lecteur conscient du danger que les nouveaux élus du parti de Marine Le Pen représentent pour la démocratie.

Le papier concerne la cité varoise de Fréjus, dont le nouvel édile de 26 ans, , menacerait de détruire le tissu associatif de sa bonne ville en limitant les subventions accordées antérieurement à différents clubs sportifs et à des centres sociaux, notamment dans certains quartiers « où la population est à 99 % musulmane », risquant ainsi, selon les combattants dudit Forum, « de faire dégénérer la situation » …

Or, non seulement l’utilisation des crédits budgétaires relève de la compétence du conseil municipal et de son maire, mais l’expérience prouve qu’acheter la paix sociale conduit à une impasse. Sans oublier que les bénéficiaires de la générosité imposée aux contribuables ne rendent jamais de comptes à ceux qui les financent…

On apprend également, à la lecture de cet article décidément édifiant, que les membres de ces comités de vigilance sont renseignés par « des sources anonymes et des amis de l’ombre », leur permettant ainsi de « montrer le vrai visage du FN et d’éveiller les consciences ».

Pensez, la nouvelle équipe vient d’enlever le drapeau européen qui flottait fièrement sur la façade de l’hôtel de ville, outrage auquel ces vaillants résistants ont courageusement répliqué en organisant le 9 mai dernier une fête de l’Europe afin de « marquer les esprits et d’éclairer sur le sens de ce drapeau retiré » !

Faut-il rappeler à ces donneurs de leçons qu’une simple consultation du site Internet du ministère de la Défense leur apprendrait que « le pavoisement des édifices publics constitue une opération à caractère hautement symbolique qui ne fait cependant l’objet d’aucun texte réglementaire » et que « le drapeau tricolore est le seul emblème qu’il convient d’arborer sur les bâtiments publics »?

Ajoutons, enfin, que la plupart des soldats de cette nouvelle "armée des ombres", ici à Fréjus, là à Cogolin ou dans la ville du Luc, toujours dans le Var, appartiennent à la CGT ou au Parti communiste, gage incontestable de leur bonne foi et de leur respect des libertés publiques.

Ce serait certainement à ce titre que si des citoyens se liguaient pour surveiller les faits et gestes des nouvelles équipes municipales de communes fraîchement conquises par un candidat de gauche ou d’extrême gauche, ces mêmes braves résistants dénonceraient ces méthodes antidémocratiques et, disons-le, horriblement fascistes…

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