Lors du conseil national de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde a appelé son parti à « garder le cap » et à « tenir bon » dans le soutien à François Fillon.

Il a minimisé la portée de la tribune publiée dans le JDD, où dix sénateurs, à l’initiative de Michel Mercier, ancien ministre centriste de , expliquent leur soutien à : « Notre soutien […] repose d’abord sur la moralisation de la vie publique », déclarent-ils, ajoutant que « la méthode choisie par Emmanuel Macron est la bonne : ne pas diviser, ne pas chercher à monter les Français les uns contre les autres ».

Ah ! Les bons apôtres qui prêchent, au nom de la morale, l’évangile de l’opportunisme ! Ils oublient leurs engagements précédents et n’ont guère demandé l’avis de leurs électeurs. Sauve qui peut ! Chacun pour soi ! Telle semble être leur devise.

Jean-Christophe Lagarde, lui, n’a jamais effectué de volte-face, n’est-ce pas ? Ne cédez pas à la tentation ! recommande-t-il à ses amis centristes : « Dans l’ambiguïté, on peut gagner une élection, mais on ne peut pas gérer un pays. » Il n’a pas manqué de rappeler qu’à l’issue des négociations avec Les Républicains, 92 circonscriptions ont été réservées à des candidats centristes.

Serait-ce aventureux de prédire que cette fidélité, très intéressée, s’effilochera dans les prochaines semaines, au gré des sondages, favorables ou non à François Fillon ? Après tout, il est très humain de faire passer son intérêt avant les principes.

À supposer qu’il reste fidèle jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Christophe Lagarde ralliera Macron avec empressement, s’il est qualifié pour le second tour, lui trouvant toutes les qualités. Finalement, c’est une question de timing : il peut être adroit de miser un peu dans les deux camps pour ne pas tout perdre.

Pendant ce temps, Macron, en déplacement à La Réunion, se félicite de ces ralliements. Il était accompagné du député centriste Philippe Folliot et de l’eurodéputé Jean Arthuis, président de l’Alliance centriste, grand défenseur de l’Europe, qui vient d’être exclu de l’UDI. Pour ce dernier, « à l’évidence, le projet, les valeurs que porte Emmanuel Macron sont ceux du centre ».

Alors, les centristes sont-ils tous des Judas ? Non ! Quelques irréductibles semblent résister à la contagion. Il en est ainsi de Jean-Christophe Fromantin, qui assure à la droite qu’elle peut compter sur le centre : « Ces défections sont davantage celles de quelques ténors de l’UDI qui montrent, par leurs tergiversations, leur opportunisme et les limites de leur loyauté vis-à-vis du candidat Fillon », déclarait-il au début du mois de mars.

Il est vrai que le député-maire de Neuilly, qui s’est mobilisé contre la loi Taubira aux côtés de la Manif pour tous, n’est guère représentatif de la mentalité centriste, qui aime nager entre deux eaux.

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