Accueil Editoriaux Élections : société de consommation ou société de consommation ?

Élections : société de consommation ou société de consommation ?

Nous respectons et comprenons les gens qui s’investissent, croient en un projet, militent et s’inscrivent dans les partis. Ce sont toujours les minorités qui font bouger les lignes, la majorité suit. Selon les moments de l’Histoire, dans le sens du peuple ou contre lui.

Même si ce sont les élections présidentielles qui trustent la majeure partie des énergies – avec leurs petites sœurs, les élections législatives –, les départementales proposent un ancrage local important, antonymique avec le mondialisme, mais important en termes de réserve de voix, de financement, de poids politique. Cependant, aucune force politique en place ne propose autre chose qu’une organisation plus ou moins différente de la société de consommation. Georges Bernanos parlait déjà, dans Les Enfants humiliés, de « guerre démocratique totalitaire », qui « n’a de national que le nom. Elle est internationale dans ses buts derniers, dans ses dernières conséquences. » La démocratie et sa société de consommation s’installent et restent.

L’abstention grandissante, dans laquelle se trouve toute la complexité du peuple français, englobe également une partie non négligeable de la société qui ne s’épanouit guère dans la société consumériste, initiée par le tandem spirituel et temporel – car l’un conditionne l’autre – concile Vatican II et Mai 68.

Le retour du spirituel se fait donc sentir, et si l’islam prend de plus en plus pied (quoi qu’on puisse penser de cette religion), c’est également (pas seulement, évidemment) pour combler un vide réel dans une partie du peuple perdu dans une société qui va droit dans le mur, détruisant tous les repères : religion (destruction du catholicisme et des églises, spirituellement et physiquement), famille (mariage pour tous, sexualisation des enfants), patrie (plus de frontières, plus de monnaie), instruction (théorie du genre à l’école, baisse de l’exigence scolaire).

Le bienheureux pape Pie IX, qui voyait déjà la folie actuelle arriver, déclara à des pèlerins français, le 5 mai 1874 : « Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but (laissez-moi vous le dire) de les voir s’occuper d’une œuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules, nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle ; et quand les sociétés secrètes s’en emparent, comme il arrive trop souvent, celui de mensonge universel. »

Le mensonge universel demeure, la résurrection de la France attendra. Mais la France reste la fille aînée de l’Église, et contre l’Église « les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle », dit le Christ (Matthieu, 16, 18). L’espérance est une vertu chrétienne et française.

À lire aussi

Le retour de la féodalité

La question de la légitimité du pouvoir présidentiel se pose réellement. …