Ce jeudi 9 juin, Pedro Pablo Kuczynski a été déclaré vainqueur des élections présidentielles au . Vendredi, sa rivale, Keiko Fujimori a reconnu sa défaite en déclarant que les Péruviens avaient démocratiquement élu le président et qu’elle devait respecter ce choix.

Les 99,8 % des votes ont donné les résultats suivants : 50,12 % en faveur de Pedro Pablo Kuczynski et 49,88 % pour Keiko Fujimori. Ce sont les résultats les plus serrés des élections présidentielles de ces dernières années : en 2001, l’écart entre Alejandro Toledo et Alan García était de 7 % ; en 2006, l’écart entre Alan García et Ollanta Humala était de 5 % ; en 2011, l’écart entre Ollanta Humala et Keiko Fujimori était de 3 % ; en 2016, l’écart entre les candidats est à peine de 0,45 %, soit 41.964 votes de différence.

Comment le dirigeant du mouvement Péruviens pour le changement a-t-il pu remonter l’avantage de 5 points, au second tour, que les sondages donnaient à Keiko Fujimori ? Éliminée dès le premier tour, la candidate de gauche, Verónika Mendoza, avait décidé d’apporter son soutien à Kuczynski contre le fujimorisme. Ensuite, le débat final entre les deux candidats a été décisif. Kuczynski a su se présenter comme l’homme du changement et renvoyer Keiko Fujimori au passé du Pérou. De nombreux Péruviens ont eu peur du retour d’un gouvernement fujimoriste avec la fille de l’ancien président Alberto Fujimori, qui purge une peine de prison. Ils se souviennent du haut niveau de corruption du régime.

Le nouveau président doit être très prudent. Il a gagné parce qu’il a représenté l’option anti-fujimoriste, mouvement plus puissant que sa propre candidature, selon l’analyste politique Carlos Basombrío.

Qui est Pedro Pablo Kuczynski ? Né à Lima en 1938, il est le fils d’un médecin juif allemand qui a fui le nazisme pour venir étudier les maladies tropicales au Pérou, et d’une Franco-Suisse, Madeleine Godard (la tante du cinéaste Jean-Luc Godard). Il a étudié l’économie à Oxford puis à Princeton, aux États-Unis. Après avoir travaillé dans l’administration publique de son pays, il a dû quitter le Pérou, en 1968, à cause du gouvernement militaire. Il revient en 1980 pour être nommé ministre de l’Énergie mais doit démissionner deux ans après et repartir aux USA suite aux manifestations et menaces terroristes.

Trois défis l’attendent désormais.
1) Il devra gouverner avec un Congrès dominé par le parti de sa rivale ; les fujimoristes représentent 60 % du Congrès et il n’est pas certain que la gauche de Verónika Mendoza accepte toutes les propositions du nouveau gouvernement.
2) Il devra maintenir la stabilité économique du pays, en réalisant les réformes afin de diversifier l’économie péruvienne.
3) Il devra réduire la corruption et rétablir la transparence dans les attributions des contrats avec l’État et l’administration.

Kuczynski, à peine élu, a déclaré vouloir travailler pour tous les Péruviens dans un pays uni, réconcilié devant les problèmes et les réformes nécessaires pour les résoudre. Le président sortant, Ollanta Humala, a salué la victoire de Pedro Pablo Kuczynski. Michelle Bachelet, présidente du pays voisin (le Chili) et Juan Manuel Santos, président de Colombie, ont félicité le nouveau président ainsi que le Mexique.

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