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Editoriaux - Education - Société - Sport - 17 août 2016

Égalitarisme et compétitions, le paradoxe déroutant

La rage égalitaire des gouvernements de gauche – et de certains complices successifs- qui fait de 87 % des élèves des bacheliers, en même temps que nombre d’allocataires précoces, est-elle compatible avec la recherche effrénée de la performance qu’illustrent les Jeux olympiques, divinisés en ce moment ?

Le grand supporter des médailles, notre Président lui-même, est allé à Rio apporter son officiel encouragement aux « sélectionnés ». Ce simple mot inconvenant dans la bouche, sinon la tête, d’un socialiste devrait interpeller la gent généreuse et populaire qui veut aider, voire privilégier les « défavorisés ». Pire : la sélection que la France revendique pour les Jeux de 2024 exalte la compétition et ses vainqueurs.

Des individus sont donc plus aptes que d’autres, que l’on s’emploie à aider, soutenir, entraîner, voire avantager pour la félicité nationale et l’émotion d’une “Marseillaise” en pays étranger. On doit même reconnaître, à l’évidence des images, que certaines lignées humaines ont des dispositions ataviques qui les font dominer dans des disciplines de vitesse – constat très positif en l’occurrence et ne semblant guère interpeller le CRAN…

Pourquoi ce qui est patent et admis en matière sportive est-il refusé dans l’éducation intellectuelle et professionnelle, avec une pugnacité hargneuse qui se croit humaniste ? Il serait temps de rompre avec cette « égalité des chances » dévoyée et redonner la leur à ceux qui portent en eux des dons – la nature n’a rien d’égalitaire – ou font montre d’aptitudes particulières.

Me souvient le temps heureux de l’après-guerre et des dispositions favorisant l’ascenseur social. Dans une classe primaire, l’égalité de base était dans l’uniforme avec la blouse grise, dont celle du maître respecté – voire craint -, lequel encourageait les élèves prédisposés et informait leurs parents des filières à tenter. La République accordait à ces espoirs une bourse d’étude, selon le résultat d’un concours qui validait le potentiel des intéressés et l’« investissement » prometteur d’un futur citoyen. Rien à voir avec une allocation en pure perte !

La « contre-performance » d’un nageur battu pour 1/100 de seconde provoque larmes et commentaires dépités. Seule comptait donc la médaille en or, alors qu’il équivaut en talent et capacités à son challenger du jour. Pathétique !

Dans l’Éducation nationale, on ne pleure pas pour les quelques recalés au bac. Le RSA jeunes est là pour les consoler…

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