[L’ÉTÉ BV] Yaël Braun-Pivet veut faire un sort à ce « truc » « pas sain » qu’est l’héritage

La Macronie cherche de l’argent partout. Elle furète, soulève les matelas, fouille les bas de laine sous les cadavres.
Capture d'écran @France2
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Cet article a été publié le 16/10/2025.

Marine Tondelier veut taxer « taxer davantage les 1 % des héritages les plus volumineux » pour financer la transition écologique. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, propose, elle, de taxer toutes les successions « dès le premier euro ». À l'extrême gauche comme au centre, la bête noire, c'est l'héritier !

 

C’est un tic, c’est un toc, c’est un vice, c’est une marotte, c’est une manie ! Yaël Braun-Pivet est repartie, tonitruante, à l’assaut de « l’héritage » : « C’est le truc qui vous tombe du ciel, il y a un moment où cela suffit », a-t-elle lancé, à l’emporte-pièce, ce mercredi 15 octobre, sur le plateau de France 2. Il faut « taxer les héritages » car, ajoute-t-elle, « ce n’est pas sain ».

La Macronie cherche de l’argent partout. Elle furète, soulève les matelas, fouille les bas de laine sous les cadavres à peine froids. Roland Lescure annonce d’ores et déjà une hausse d’impôts de 14 milliards (en rendant, par exemple, 200.000 foyers fiscaux, jusqu’ici exonérés, imposables à l’impôt sur le revenu par le biais du gel de barème… Nienvenue à ces nouveaux Nicolas et, surtout, bon courage !). Ce n’est pas si mal, mais ce n’est pas encore assez, pour la présidente de l'Assemblée.

Rétropédalage

Déjà, le 2 septembre, sur l’antenne de France Inter, elle affirmait vouloir faire « bouger sur la fiscalité des hauts patrimoines », « engager des travaux sur la question des transmissions de patrimoine ».

Hier, elle a donc récidivé. Yaël Braun-Pivet ne le sait peut-être pas, mais elle est devenue LFI : ce qu’elle développe est peu ou prou la théorie de l’économiste d’extrême gauche Thomas Piketty.

La saillie irréfléchie a fait réagir. Par son ton, tout d’abord, méprisant : « ce truc », c’est la sueur sur le front de feu vos parents. Certes, il tombe bien du ciel - en tout cas, de l’avis des croyants. Un professeur de droit fiscal à l’université de Rouen, Frédéric Douet, a résumé d’une phrase lapidaire, son projet : « J’irai taxer sur vos tombes », comme Boris Vian allait cracher. Éric Ciotti parle, lui, « d’impôt de la mort ». Un peu de respect, a minima, avant de faire les poches des macchabées.

Sur X, même Julien Courbet a réagi : « Ma maman, qui avait la maladie d’Alzheimer, durant les rares moments de lucidité qu’elle avait, n’avait qu’une obsession : savoir s’il y avait un peu d’argent sur son compte pour ses enfants. Taxez-moi sur mon gros salaire, c’est plus juste, pas la transmission. »

L’émotion a été si forte, sur les réseaux sociaux, que Yaël Braun-Pivet a été obligée de se justifier, sur LinkedIn, pour calmer le jeu. Elle prétend ne vouloir s’occuper que des super héritages. Où commence le super ? Là est la question. On connaît le refrain, on nous l’a déjà chanté mille fois, notamment avec la CSG : on pose le principe, puis on abaisse tout doucement le curseur.

Elle parle, écrit-elle, des « héritages rebond », l’accumulation au fil du temps, depuis les grands-parents, qui pour elle n’est la sueur de personne. Bah si, pourtant, c’est la sédimentation du travail (qui peut être aussi de l’habileté à bien gérer ses biens, ce n’est pas interdit) de toutes les générations.

Notons, au passage, que Yaël Braun-Pivet vit elle-même au Vésinet - on est autorisé à le dire, ce n’est pas un mystère, puisqu’elle l’a précisé elle-même dans ses diverses professions de foi. C’est là qu’elle a donné un cadre de vie confortable à ses enfants, car elle est une bonne mère qui veut le bien de sa progéniture, comme tous les parents. Qu’écrit Le Parisien, au sujet du Vésinet ? C’est la ville la plus bourgeoise des Yvelines, le revenu fiscal des ménages par département y est le plus élevé, plus haut qu’à Versailles ou à Saint-Germain-en-Laye. Il y a beaucoup d’espaces verts, de résidences de luxe et d’hôtels particuliers XIXe. En plus, c’est bien desservi. C’est l’aisance de leurs parents qui permet aux cinq enfants de Yaël Braun-Pivet d’en profiter. Tant mieux pour eux, ce n’est pas de l’argent volé. Mais on peut dire que ces enfants sont des héritiers. Un héritage anticipé, d’une certaine façon, mais un héritage quand même.

Tous les grands-parents, les parents, veulent faire hériter leurs enfants et leurs petits-enfants, poser une petite pierre pour leur faire la courte échelle. Ça leur donne même du cœur à l’ouvrage, pour travailler quand c’est dur et ingrat.

Impôt au cube

François Bayrou, souvenez-vous, avait demandé à « la génération des boomers [d’être avec lui] pour faire baisser la dette des plus jeunes ». La succession, c’est bien cela. Il faudrait, pour rendre ce transfert vertical encore plus efficace, annuler les droits de succession. Et voilà qu’on parle de les taxer un peu plus !

On ne résout cette aporie qu’en modifiant l’hypothèse de base : « l’effort » que l’on demande aux boomers n’a pas vocation à enrichir leurs descendants. Cela servira, par exemple, aux deux milliards que coûte l’accord franco-algérien - il faut bien trouver l’argent quelque part.

Que la France soit l’un des pays les plus taxés au monde, que, sondage après sondage, les Français se révèlent très opposés à tout cela (77 % jugent cet impôt injustifié et 84 % souhaitent que les parents transmettent le plus de patrimoine possible à leurs enfants) importent peu. Que des pays sortant de l’ornière comme l’Italie, alors que leurs droits de succession sont quasi nuls, non plus.

Rappelons que l’argent du défunt a déjà été taxé avec l’impôt sur le revenu et les droits de mutation au moment des ventes immobilières, par exemple. C’est donc de l’impôt au cube. C’est ici que le « il y a un moment où cela suffit » pourrait trouver son sens.

Paradoxalement, d’ailleurs, ce n’est en général pas pour les plus fortunés - même s’ils sont très taxés - que la succession est la plus déchirante. Car ils ont le plus souvent un patrimoine équilibré entre immobilier et valeurs mobilières ou liquidités qui permet aux enfants de s’acquitter des frais de succession sans être acculés à vendre. Il n’en va pas de même des classes moyennes qui ont investi toutes leurs économies dans la maison de leur vie. Leurs enfants, même s’ils sont très attachés à ce lieu dans lequel ils ont grandi, n’auront pas d’autre choix que de la vendre, la mort dans l’âme.

La philosophie sous-tendue pour l’héritage sonnant et trébuchant est la même que pour les autres types d’héritage. La France a été construite, cultivée, labourée, préservée dans ses contours et ses mœurs au prix du sang de nos ancêtres, mais on nous somme de considérer que cet héritage ne nous appartient pas en propre.

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

314 commentaires

  1. Mme Braune Privet n’est pas a sa place, elle adore l’argent des morts et veut le prendre . Moi a sa place j’aurais hontte !!! Pas elle !!! elle fais la coquette partout et profite bien des impots des francais…
    Dehors en 2027 !!!!

  2. D’autant plus malvenu de la part d’une présidente de l’Assemblée qui promeut des dépenses somptuaires et contestées pour refaire le pavillon d’entrée de l’ensemble. L’État doit faire des économies lui-même au lieu de faire sans cesse les poches du contribuable au risque de finir par tuer la poule aux œufs d’or.

  3. Ils n’ont plus d’électeurs…mais, avant de partir rejoindre les poubelles de l’Histoire…ils taxeraient bien les morts, comme on prend « un petit dernier, pour la route » !

  4. Nous avons travaillé, nous les boomers maudits, pour nos enfants (que nous aidons toujours lorsqu’ils en ont besoin). Et nous avons aidé et accompagné nos parents jusqu’à leur fin de vie. Tout cela en cotisant et en payant des impôts et des taxes.

    Aussi, j’ai fait une donation à mes enfants sous réserve d’usufruit. Oui, c’est payant, ces zélites sont toujours cachés dans tous les recoins administratifs.
    Mais moins que pour un héritage. Et en plus, c’est déjà à mes enfants.
    Espérons qu’ils n’inventent pas une annulation de ces démarches. Ils sont tellement voleurs, pourris et sans humanité.

    • « Tara » sauf erreur nous semblons peu ou prou être de la même époque. Rappelez-vous les années 80/90, nos émules préemptant la dénatalité assumée et le rabotage constant de nos futures pensions nous conseillère d’épargner, pour nos vieux jours disaient-ils, mais aussi afin d’espérer laisser un bien à nos futurs descendants qui pourraient en avoir besoin. Beaucoup de ceux qui le purent au prix de taux d’intérêt avoisinant les 10 %, de congés sacrifiés et d’énormément d’argent afin de les restaurer, le firent. Bon d’accord, l’inflation galopante de ces époques-là, la flambée de l’immobilier revaloriseront nos patriotes, D’autres encore cédèrent à la communication d’État afin de nous faire devenir boursicoteurs et nous poussèrent à acquérir des actions, d’Eurotunnel entre autres qui jamais ne remplirent leurs promesses, du moins pour les plus pressés, et ruinèrent à partir de 2008 bon nombre d’entre nous qui jurèrent qu’on les y reprendrait plus. Ce que ne nous avaient pas dit nos thuriféraires de l’économie planifiée, c’est que ce serait pour mieux tenter de nous spolier encore arrivés au crépuscule de notre vie. Elle est pas belle, la France ?

      • Entre temps il y a eu quelques évènements tout de même . Moi j’étais locataire dans une banlieue et j’ai pu mesurer ce qui allait se passer par la suite . Parce que j’ai été témoin direct de cela et à moins d’être aveugle , tout cela était couru d’avance .

  5. Quand on a mis de son vivant ses gosses à l’abri de tout racket de l’État, on peut se permettre de spolier l’héritage de ceux du vulgum pecus qui ignore les ficelles pour en soustraire ses héritiers.
    Petit conseil, aller consulter un notaire censé vous conseiller au mieux des intérêts de chacun, c’est payant, certes, mais moins cher que ce qui risque de l’être à vos enfants à votre décès.

  6. Et une camisole de force, une ! A part chez LFI (et encore en y regardant de près…) les Français n’aiment pas qu’on y touche. Pas porteur votre truc Mme BPV.

  7. Je ne vois pas pourquoi les lecteurs de BV et d’autres encore seraient surpris d’un tel projet politique porté par une certaine Yaël Braun-Pivet. Après avoir voté l’euthanasie, le « j’irai remplir vos tombes » en quelque sorte, plus vite que prévu, le « j’irai taxer ces mêmes tombes », me semble pour une fois en totale cohérence avec la politique perfide de notre Mozart de la finance, jouant s’il en est, son dernier requiem pour une nation mourante . Adieu l’alésienne et les contradictions, qui pour s’en plaindre ? À part quelques grincheux, quelques nantis dont peut-être je ferai partie, ne voulant pas partager au vu de nos records en termes de prélèvement, successions incluses ? La Macronie mourante ne fera pas long feu, elle, ne laissera pas d’héritage à ses descendants que de monstrueuses dettes et un pays exsangue. N’est-elle pas belle, la France en 2026 ? Vivement 2027

  8. La crédibilité de cette Présidente de l’Assemblée n’a d’égale que par ses accointances Elyséennes. Petit soldat mis en place…

  9. Pour des gens suffisamment bien conseillés pour faire disparaître la transmission de patrimoine de l’héritage, ce n’est pas un problème de taxer ce dernier. Car il existe des moyens de réduire l’héritage à sa portion congrue. Mais ces méthodes ne sont pas dévoilées au vulgum pecus.

  10. On économise toute notre vie pour notre retraite et nos enfants, pas pour payer la piètre gestion des Mozart de la finance qui,eux, ne risquent rien.

    • Comme pour les retraites , je ne pense pas qu’ils aient les mêmes caisses que nous evidemment , comme pour les niches fiscales sur leur patrimoine , eux ils arrivent à planquer et mentir

    • l’État est drogué à l’argent des français, toujours en manque, à chercher partout de quoi satisfaire sa soif inextinguible.
      Souvenez-vous de la chanson des inconnus, les frères Rapetou.
      C’est d’une cure de désintoxication dont il a besoin.

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