A la mi-avril, un papier du Nouvel Observateur nous informait de la validation par le conseil d’Etat du principe d’une facture d’électricité rétroactive concernant « 23 millions de foyers ». De quoi s’agissait-il ? Notre honorable conseil considérait à l’époque « que les tarifs bleus des particuliers étaient manifestement inférieurs au niveau auquel ils auraient dû être fixés (…) Ayrault ayant limité à 2% une augmentation qui, selon la Commission de régulation de l’énergie, aurait dû se monter à 5,7 % pour la période allant de fin juillet 2012 à fin juillet 2013 ».

Le conseil d’Etat précisait à l’époque que « les 2% fixés par Ayrault ne permettaient pas de couvrir les hausses prévisionnelles des coûts de production pour l’année 2012 ». Je m’étais à l’époque drôlement inquiété pour nos petits ampères, et me demandai ce qu’allaient devenir notre parc de centrales atomiques ainsi que les milliers de sucettes géantes dont les pales tournoient et tournoient encore dans le vent joufflu de nos hautes plaines. Le conseil d’Etat précisait aussi qu’il s’agissait « d’un recadrage attendu, vu les multiples revers des exécutifs successifs en la matière ». Traduction : d’incompétents politiques se plantent depuis des décennies, donc la population passe à la caisse.

Exactement comme pour le ! Avouons que pour nos « charlots » politiques et les amis lobbyistes d’ au conseil d’Etat, ce n’est vraiment pas embarrassant. Pour rappel, les bénéfices nets pour 2012 d’EDF étaient estimés à 3,3 milliards d’euros, et pour 2013, l’Expansion nous indiquait un bon premier semestre en hausse de 3,5% à 2,9 milliards d’euros de bénéfice net. Trois mois plus tard, nous y sommes.

Le Figaro du 3 juillet, citant Le Parisien, nous apprend que le montant supplémentaire demandé aux 29 millions de clients d’EDF (je note au passage que de 23 nous passons à 29 millions de clients, soit 6 millions de clients supplémentaires) sera de 30 euros en moyenne. Soit au total, 870 millions d’euros (disons un petit milliard) censés couvrir la hausse des frais de production. notons au passage que si cette (soi-disant) hausse n’était pas répercutée sur le consommateur (dans « consommateur » il y a « con ») les bénéfices nets d’EDF (allez, on arrondit à 3 milliards) seraient encore de 3 milliards moins 1 milliard, soit 2 milliards d’euros net.

Voilà, cher ami con-sommateur, proposons de rebaptiser la Commission de régulation de l’énergie Commission nationale du goudronnage et du plumage, et entonnons encore une fois tous ensemble son hymne officiel, : « Si tu avances, si tu avances quand je recule, comment veux-tu, comment veux-tu que je t’…. »

4 juillet 2014

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