L’homme se fait appeller Edel Hardiess. Pour le grand public, il n’est connu que comme le "rappeur du 94 qui kiffe Marine Le Pen" depuis ce 6 juin 2014 où il avait déclaré que s’il avait voté aux européennes, il aurait voté FN. À ce sujet, il assume tout en précisant qu’il considère Marine Le Pen comme la moins mauvaise représentante de la classe politique actuelle et le FN comme le seul parti susceptible de changer le système, soit en le réformant comme il le promet, soit en décevant et en suscitant la révolte. En cela, il rejoint nombre de Français.

Mais au-delà de cette image médiatique, l’homme surprend par sa de ton et son aptitude à réconcilier l’inconciliable.

Cette étrangeté saute aux yeux dès ses premiers échanges avec l’intervieweur : on retrouve le tempérament de pitbull et la susceptibilité latente que l’on attend inconsciemment de celui qui se définit avant tout comme un banlieusard du Val-de-Marne, mais cette impression est corrigée par une douceur et une lucidité qui ne correspondent pas aux caricatures de rappeurs promus par le système médiatique. De même, sur les plaquettes de ses albums ou dans ses clips, on retrouve cette synthèse entre les codes du rap : prises de vue en contre-plongée, joggings et capuches, gestuels saccadés ou propension à ne parler que de soi, et d’autres aspects plus inattendus : absence d’armes et de femmes-objets, refus explicite de la culture américaine, "casquette New York vissée sur ta tête d’âne" - cela vaut-il aussi pour l’ancien Président ? - et, plus curieux encore, drapeau tricolore quasi systématiquement arboré.

C’est que notre homme est avant tout un patriote et un partisan de la réconciliation nationale. Là-dessus, ses textes sont on ne peut plus clair, tout comme le contenu de son interview sur TV Libertés. À l’antenne, comme on disait au temps du Grand Charles, Edel démontre qu’il est un authentique antiraciste : lui dont les ancêtres sont originaires d’ du Nord - un territoire où prospèrent et le racisme antiblanc et le racisme antinoir - se dit clairement opposé à l’un comme à l’autre. "Le Français de souche n’est pas le problème", "le blanc est mon frère", "mes compatriotes, je les aime, pour eux je veux être utile", assène-t-il dans son symbolique "Louis 94". C’est, en somme, l’antithèse de l’ socialiste (et en grande partie Les Républicains) qui consiste à détester les uns et les autres, à l’exception des pédants et des multimilliardaires de toutes origines. Edel Hardiess pousse même l’audace jusqu’à rapper un "la France au Français" qui, loin d’être ironique, fustige "les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur" qui trahissent cette France qu’il a l’immense mérite d’avoir appris à aimer alors même qu’il ne l’a connue que défigurée par les "fils de" [souche] qui la déconstruisent méthodiquement depuis quarante ans.

"J’suis français, j’suis un guerrier, suis-je un bon Gaulois ?" demande-t-il ? Un Gaulois sans doute pas, mais un Franc assurément. Les guerriers francs du roi Clovis, qui sont à l’origine de notre nation, revendiquaient la même passion pour la et la vérité. Ils sont à l’origine de cette vieille aristocratie française qui arborait blasons et devises. Notre rappeur de Choisy-le-Roi les a rejoints sans le savoir, lui qui sur ses derniers albums a inséré un blason - une croix de Lorraine enchâssée dans son nom d’artiste - et qui répète à qui veut l’entendre sa devise : "Vrai jusqu’à l’isolement." Si on ajoute la hardiesse comme vertu proclamée, on comprend que la résistance française aurait tort de se passer des guerriers du héraut de Choisy : "Notre réveil à tous découpera le bras des marionnettistes", assure-t-il. Que Dieu l’entende, et que nous-mêmes l’entendions !

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8 juin 2015

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