Imaginée par les écologistes, mise en forme par le gouvernement Fillon, mise en application par le gouvernement Ayrault, l’écotaxe, cet impôt -né et pourtant pas encore tout à fait enterré, devait rapporter chaque année 750 millions d’euros à l’État, 150 millions aux collectivités locales… et 250 millions à Ecomouv’, la société à majorité italienne constituée pour l’occasion. Bref, pour les premiers nommés, congénitalement impécunieux et toujours en quête de prélèvements sur la bête (je veux dire sur chacun de nous), une recette non négligeable, et pour Autostrade per l’Italia un contrat plus que juteux, un véritable Pactole.

Alors que les portiques électroniques prévus au programme et déjà prêts à fonctionner tombent l’un après l’autre sous les coups des manifestants bretons ou sont préventivement démontés par les préfets, voici que des élus lèvent soudain un lièvre de belle taille. Porte-parole du Parti socialiste, David Assouline demande que toute la lumière soit faite sur un accord de partenariat public-privé singulièrement favorable à Ecomouv’, tandis que François Rebsamen, président du groupe socialiste au , préconise la d’une commission d’enquête parlementaire sur le sujet.

Il semble en effet plus que légitime de s’interroger et surtout d’en savoir davantage sur les raisons pour lesquelles , éphémère ministre de l’, a cru devoir négocier et conclure avec Ecomouv’ un contrat qui assurait à cette société un pourcentage insolite et à vrai dire parfaitement exorbitant de 20 % des recettes escomptées, contrat ratifié par Nathalie Kosciuzko-Morizet qui lui avait succédé.

Dans la foulée, il est également permis de s’étonner que le gouvernement actuel ait repris sans examen et fait entrer en vigueur sans la moindre réflexion sur le fond une mesure aussi mal venue et un contrat aussi contestable dans sa forme, contrat dont l’éventuelle annulation coûterait d’ailleurs, dans un premier temps, 800 millions d’euros à l’État.

L’opération de diversion lancée par les socialistes vient un peu tard. Cependant, par un ricochet qui n’est peut-être pas fortuit – car certains politiciens sont virtuoses du billard à trois bandes – a aussitôt fait chorus avec Assouline et Rebsamen. L’occasion était trop belle, n’est-ce pas, de nuire à des adversaires, je veux dire à des concurrents issus de son propre camp.

Soupçons de corruption et présomption d’incompétence d’un côté, légèreté et incapacité de l’autre, l’affaire de l’écotaxe incite à renvoyer UMP et PS dos à dos. Tout au plus permettra-t-elle aux deux grands partis de gouvernement de s’accuser mutuellement de faire le jeu du Front national. Maigre consolation…

6 novembre 2013

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