Après le ridicule de “l’affaire Leonarda”, voilà désormais le tandem Hollande-Ayrault confronté en Bretagne à une opposition d’une violence inattendue, en passe de dégénérer samedi prochain… à cause d’un impôt voté sous la précédente majorité ! Impôt qu’il ne peut même pas envisager de supprimer – il ne serait tout de même pas à une reculade près – car un contrat signé par Nathalie Kosciusko-Morizet (ex-ministre de l’Écologie), par François Baroin (ex-ministre de l’Écologie), par Valérie Pécresse (ex-ministre du Budget) coûterait un milliard d’euros sur un an, dont 800 millions à payer immédiatement, rappelle Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture.

En effet, la société Ecomouv’ « chargée du financement, de la conception, de la réalisation, de l’entretien, de l’exploitation et de la maintenance de l’écotaxe qui doit entrer en vigueur au premier janvier 2014 a déjà installé le dispositif très coûteux qui servira à récolter cette taxe, et notamment les “portiques de la colère” ».

Les socialistes ayant réussit à décrédibiliser leurs alliés écologistes en les acoquinant au gouvernement, ceux-ci n’ont plus rien à perdre et en profitent pour attiser les passions…

Et ce n’est pas le rapport de la Sous-direction de l’information générale (SDIG) – ex-Renseignements généraux de la police – de Rennes qui va calmer les esprits… Transmis comme il se doit au ministère de l’Intérieur, mais intercepté au passage par Le Figaro, il annonce tout bonnement que la « fronde bretonne prend des allures de jacquerie généralisée » et ce, sous l’impulsion entre autres de « deux groupes identitaires, l’un d’extrême gauche, en marge du mouvement Breizhisistance, l’autre d’extrême droite, sous la bannière de Jeune Bretagne » (édition du 28 octobre).

Le Figaro ironise en suggérant que « Matignon aurait, selon [leurs] informations, reçu copie » de ce rapport ; mais n’aurait-il pas au contraire été directement suggéré par le gouvernement car, renseignements pris, l’impact réel des “extrémistes”, d’un bord comme de l’autre, semble très exagéré. Comme nous le confie un des responsables de Jeune Bretagne : « À chaque fois qu’un mouvement échappe au gouvernement, il brandit l’épouvantail extrémiste pour le déconsidérer. »

Car les analystes du SDIG font également remarquer dans ce fameux rapport que « jusqu’alors, les syndicats se sont toujours refusés à réunir agriculteurs et pêcheurs, tant le cocktail peut se révéler explosif [or] des représentants des deux corporations se sont entendus “le week-end dernier” pour agir de front ». Après l’ampleur des manifestations de la Manif pour tous, il va donc être intéressant de juger celle de la manifestation du 2 novembre prochain à l’appel des collectifs « Pour l’emploi en Bretagne » et « Révolte bretonne »…

Et ceux qui ne feront pas le déplacement pourront toujours soutenir ce mouvement en résistance en signant la pétition de solidarité avec les bonnets rouges (http://www.net-petitions.com/petition-de-soutien-aux-bonnets-rouges-bretons).

Dernière minute

Que faire pour ajouter au ridicule et au grotesque ? Suspendre, mais pas supprimer, l’, ainsi que l’a annoncé Jean-Marc Ayrault à l’issue d’une réunion à Matignon avec des élus bretons. Pour une durée indéterminée, tant qu’à faire ! La pantalonnade continue donc… d’autant que la manifestation anti-écotaxe prévue à Quimper serait tout de même maintenue…

30 octobre 2013

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