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Discours - Editoriaux - Education - Politique - 28 janvier 2017

École : bulletin du candidat Fillon

Place des savoirs :

Le candidat Fillon veut recentrer l’école primaire sur les savoirs fondamentaux. C’est un bon point, tout comme la suppression de l’interdiction des devoirs à la maison. L’obligation d’obtenir le diplôme national du brevet pour accéder au lycée est une bonne idée, mais le silence sur la facilité actuelle de son obtention fait craindre que cela ne change pas grand-chose au niveau des élèves qui accèdent en seconde.
De plus, il ne revient pas sur la désastreuse réforme du collège.
Le recentrage du baccalauréat sur quatre matières (le français en première et trois matières dominantes selon la série en terminale) est une piste intéressante. Mais on ne comprend pas, alors, pourquoi le français serait toujours passé en première. Une terminale avec trois matières à étudier risque de ne pas habituer les élèves au travail. Le candidat des Républicains envisage-t-il un contrôle continu pour d’autres matières ? Il faudrait le préciser.
Il cède à la mode du numérique dont les bénéfices sont loin d’être attestés et réduit l’enseignement des langues à l’anglais, ce qui est un appauvrissement et un manque d’ambition. Il semble également sensible au discours pédagogiste à l’origine de la dégradation de l’école.
Les propositions sur le primaire sont intéressantes, mais les ambiguïtés du secondaire font baisser la moyenne : 12/20.

Condition des enseignants :

Si le candidat affirme la nécessité de revaloriser le salaire des enseignants, c’est au prix d’une introduction du « mérite » dans la rémunération et d’un allongement du temps de présence dans les établissements. Il est insultant de sous-entendre qu’ils ne méritent pas leur salaire. Pourquoi ne pas proposer que les ministres soient payés au mérite ? Quant à l’augmentation du temps de présence, rappelons que les enseignants n’ont jamais bénéficié de réduction de leur temps de travail depuis 1950, contrairement aux autres salariés.
L’idée d’une entrée progressive dans le métier pour les jeunes professeurs est pertinente. Il semble que le candidat Fillon soit, sur ce point, en désaccord avec l’ancien Premier ministre Fillon.
En revanche, la suppression des concours et le recrutement direct par le chef d’établissement risque de faire baisser la compétence académique des enseignants au profit de leur soumission à celui-là. Ce qui ne peut être que néfaste pour la qualité de l’enseignement et le développement de l’esprit critique chez les élèves.
Peut mieux faire dans ce domaine : 8/20

Organisation du système :

Le candidat libéral prône des solutions libérales. L’autonomie des établissements est présentée comme une panacée. Cela n’a jamais été prouvé et l’école n’est pas une entreprise. Par ailleurs, M. Fillon veut donner plus de place aux parents dans l’école, y compris pour le recrutement des enseignants.
À côté de cela, il veut réintroduire une note de vie scolaire pour valoriser la politesse. Rappelons que celle-ci, comme les bonnes manières en général, sont du ressort de la famille, pas de l’école.
À l’inverse, les parents n’ont pas de compétence pour juger de celle des professeurs. Le candidat s’est contenté d’un copier-coller de la doxa libérale et de démagogie envers les parents : 4/20.

Appréciation générale :

Le programme de M. Fillon pour l’éducation montre peu d’implication. Il paraît plus fait pour plaire aux parents, surtout à leurs associations, que pour redresser vraiment l’école. Heureusement, les propositions pour le primaire rattrapent un peu la moyenne : 8/20

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