En septembre, une infirmière française a été touchée en Afrique par avant d’être transférée à l’hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé (Val-de-Marne) et, mardi, un Américain ayant, lui aussi, contracté le virus en Afrique a été hospitalisé à Dallas… et le dimanche précédent, c’est un médecin, lui aussi américain, qui a été rapatrié et placé en quarantaine « pour observation » dans une clinique des Instituts américains de la santé (NIH) près de Washington, pour avoir été simplement « en contact » avec le virus en Sierra Leone.

Ainsi, depuis plus d’un an maintenant, Ebola vient hanter nos peurs, rythmé par les bilans réguliers de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)… et les commentaires s’enflamment sur les risques de contagion : aucun pays de notre planète, fût-il le plus éloigné du continent noir, n’en serait à l’abri.

Ebola, depuis qu’il fut identifié dans le nord de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) en 1976, fait peur… ou, en tout cas, nombreuses sont les déclarations alarmistes le concernant, censées alerter l’opinion mondiale sur les ravages possibles de cette maladie.

« Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois » : « ça » étant le problème de la surpopulation mondiale, comme suggéré en mai dernier par un Jean-Marie Le Pen déchaînant une immédiate réprobation médiatique.
Son estimation, pourtant, ne diffère guère de « l’appel au secours » lancé par le ministre libérien de la Défense, Brownie Samukai, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 9 septembre dernier : « La maladie [Ebola] se propage comme un feu de forêt, dévorant tout sur son passage […] Le pays n’a pas assez d’infrastructures, de capacités logistiques, d’expérience professionnelle et de ressources financières pour faire face à l’épidémie de manière efficace […] L’existence du Liberia est gravement menacée. »

Pourtant, peut-on vraiment parler de pandémie pour un virus déjà vieux de 38 ans qui totalise, à ce jour, 3.093 morts (Bilan OMS du 23 septembre) ? Soit moins que les accidentés de la route française l’année dernière (3.250 victimes).

Rappelons que la grippe de 1918 – restée dans les mémoires sous le nom de « grippe espagnole » car seule l’Espagne publiait alors librement des informations à son sujet – totalisa, elle, des millions de victimes : « La grippe espagnole tua quelque 50 millions de personnes (les estimations varient), dont 675.000 aux États-Unis (408.000 en France), et toucha jusqu’à 40 % de la population mondiale. »

Vouloir, ainsi, exagérer les ravages et mondialiser les risques de propagation d’Ebola a, en tout cas, une conséquence immédiate, peut-être celle recherchée cyniquement par certains dirigeants africains : la Commission européenne a mobilisé 2 millions d’euros supplémentaires en juillet dernier ; son aide à la lutte contre l’épidémie en Afrique de l’Ouest est ainsi passée à 3,9 millions d’euros.

Et deux mois plus tard, Brownie Samukai, précédemment cité, y allait de son « appel au secours » : 4 millions d’euros, ce n’était visiblement pas encore assez…

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